La suppression de la sectorisation est-elle une bonne chose ?

La sectorisation mise en place en 1963 est l’objet d’un vif débat en France avec en arrière plan le débat sur les vertus de la concurrence scolaire. Au regard de son objectif de mixité sociale, son bilan peut paraître décevant. La carte scolaire est en effet un instrument relativement inefficace da...

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Tác giả chính: Maguain, Denis
Định dạng: Article ou chapitre numérique
Ngôn ngữ:Français
Được phát hành: 2009
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Tóm tắt:La sectorisation mise en place en 1963 est l’objet d’un vif débat en France avec en arrière plan le débat sur les vertus de la concurrence scolaire. Au regard de son objectif de mixité sociale, son bilan peut paraître décevant. La carte scolaire est en effet un instrument relativement inefficace dans les espaces urbains marqués par une forte ségrégation spatiale, qu’elle a même tendance à accentuer. Par ailleurs, son fonctionnement même est fortement inégalitaire (stratégies de contournement de la part des plus riches, des initiés ; sélection des établissements). Dans ce contexte, notre système de carte scolaire aboutit exactement à ce contre quoi il cherche à lutter : une forte polarisation des établissements, de fortes inégalités et une performance globale du système relativement médiocre en comparaison internationale. Sa suppression annoncée à l’horizon 2010 et la mise en concurrence des établissements peut apparaître comme un moyen de déverrouiller le système et d’augmenter la qualité des établissements. Les études économétriques réalisées à partir d’expériences étrangères montrent cependant que les gains d’efficacité à attendre sont modestes. En revanche, le recours à la concurrence a plutôt tendance à accroître les inégalités. Nous développons un modèle où les élèves différent par leur revenu parental et leur aptitude, et où leurs résultats scolaires dépendent de leur propre aptitude et de celles de leurs « pairs ». Les collèges fixent leur politique d’admission de façon à maximiser un index de leur qualité. Dans ce cadre, nous prouvons que l’abolition de la sectorisation impliquera une ségrégation scolaire accrue, davantage fondée sur les résultats des élèves. Un exemple simulé permet de montrer en outre que la suppression s’accompagnera probablement d’une polarisation sociale accrue. Au total, le débat sur la carte scolaire apparaît relativement orthogonal aux défis que l’école a à relever. Les questions cruciales pour l’avenir de l’école concernent en effet davantage la mixité sociale, la redistribution des moyens en direction des élèves en échec scolaire, ou encore l’amélioration de l’efficience de la dépense éducative.