Les Lèvres nues. Une arrière-garde en devenir

Le surréalisme belge n’a pas partagé grand-chose avec son cousin français, dominé par la figure d’André Breton. En publiant à Bruxelles, d’avril 1954 à novembre 1958, la dizaine de numéros de la revue Les Lèvres nues, Marcel Mariën fit la démonstration que la révolte qui s’était emparée de la jeune...

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Main Author: Schmitt, Michel P.
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: 2016
Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Summary:Le surréalisme belge n’a pas partagé grand-chose avec son cousin français, dominé par la figure d’André Breton. En publiant à Bruxelles, d’avril 1954 à novembre 1958, la dizaine de numéros de la revue Les Lèvres nues, Marcel Mariën fit la démonstration que la révolte qui s’était emparée de la jeunesse européenne au début du siècle, écœurée par la bêtise du vieux monde et la boucherie de la Grande guerre, exaltée par la jeune Révolution bolchévique et quelques grands modèles littéraires de la fin du xix e s. avait pris des formes originales, notamment à travers les textes de Paul Nougé que Mariën s’employa à rassembler. Assez rapidement, il ouvrit ses colonnes aux jeunes lettristes de Potlach, Guy Debord et Gil J. Wolman. En contribuant à populariser un concept comme la psychogéographie ou la théorie du détournement, la revue facilita l’émergence du situationnisme. Sous les formes les plus variées (photos, dessins, textes théoriques, chroniques, saynètes, jeux de mots, reportages…), Les Lèvres nues tentèrent d’unifier trois formes de la pensée radicale : la subversion du discours, le marxisme-léninisme révolutionnaire et une utopie sociale fondée sur une conception poétique du monde.