Les beaux-frères ennemis. À propos du cannibalisme tupinamba

Cet article analyse les pratiques cannibales chez les indiens Tupunamba à partir du statut singulier des prisonniers de guerre qui en sont systématiquement les victimes. Il décrit de façon minutieuse les rites par lesquels ces prisonniers, intégrés avant d’être ingérés, devaient passer du statut d’e...

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Autore principale: Clastres, Hélène
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: 2020
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Cet article analyse les pratiques cannibales chez les indiens Tupunamba à partir du statut singulier des prisonniers de guerre qui en sont systématiquement les victimes. Il décrit de façon minutieuse les rites par lesquels ces prisonniers, intégrés avant d’être ingérés, devaient passer du statut d’ennemi absolu à celui d’allié. Un seul mot en tupi désigne l’une et l’autre relation: «  tovaja ». C’est donc cet ennemi, marié au sein du groupe, ainsi devenu beau-frère, qui sera mangé. On lui donne la sœur, il est tué par le frère. Comme si ce besoin de transformer en beaux-frères ceux sur qui ils se vengent manifestait une manière de se représenter un ordre désiré où n’existeraient pas de telles relations, qui n’est peut-être rien d’autre que l’idéal de la « Terre sans mal », celui de la suppression des différences, bref, l’idéal d’une convivialité absolue.