La littérature et l’expérience impitoyable du bien
On tient pour une évidence que si la littérature ne parle pas du mal elle devient vite ennuyeuse et que, du bien, il n’y a rien manifestement à dire : seul le mal est profond. Le cliché aura fait long feu. Certains très grands romans, Les Misérables de Victor Hugo, Billy Budd d’Herman Melville ou...
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
2018
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| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | On tient pour une évidence que si la littérature ne parle pas du mal elle devient vite ennuyeuse et que, du bien, il n’y a rien manifestement à dire : seul le mal est profond. Le cliché aura fait long feu. Certains très grands romans, Les Misérables de Victor Hugo, Billy Budd d’Herman Melville ou encore L’Idiot de Dostoïevski nous invitent à rencontrer des figures dont l’innocence et la bonté ont tout d’une provocation. Qui sont-ils, ces êtres indifférents aux codes sociaux et à la loi de l’amour-propre et qui ignorent tout des stratégies du calcul utilitaire ? Le prince Mychkine, le beau matelot ou Jean Valjean sont-ils des figures idéales sorties de l’imagination du créateur, plaisantes fictions qui nous divertissent de la réalité, ou bien des incarnations qui nous invitent à une expérience thérapeutique, plus profonde et impitoyable que toute obligation morale et leçon de psychologie ? Ce que la littérature donne à comprendre, chez Victor Hugo tout particulièrement, c’est que le bien, s’il est indéfinissable en soi, se donne à voir dans l’excès d’une manifestation qui oblige à jamais. |
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