L’évaluation et le mérite au travail : un puérilisme ?
Les thèses d’ Homo ludens sont ici reprises pour envisager les pratiques actuelles de l’évaluation au travail comme un jeu de culture, emblématique de ce que Huizinga pointe comme « puérilisme » : rapport dégradé de la culture au jeu qui la fonde. C’est un jeu paradoxal, qui prétend ne pas jouer, c’...
Guardat en:
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicat: |
2015
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| Accés en línia: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumari: | Les thèses d’ Homo ludens sont ici reprises pour envisager les pratiques actuelles de l’évaluation au travail comme un jeu de culture, emblématique de ce que Huizinga pointe comme « puérilisme » : rapport dégradé de la culture au jeu qui la fonde. C’est un jeu paradoxal, qui prétend ne pas jouer, c’est-à-dire ne pas engager une certaine représentation du monde. Il s’affirme donc dans le registre de la tricherie car il prétend évaluer sans poser de valeurs : constater (l’efficacité, l’effort, le mérite) et non juger. Les pratiques actuelles de l’évaluation au travail placent le jugement hors-jeu. Comme s’il n’y avait aucune décision humaine à l’amont des logiques qui conduisent à licencier, précariser et exclure ; comme si, loin d’avoir à en penser quelque chose, il s’agissait seulement de les regarder fonctionner. Ce jeu social, déniant être un jeu, convie les hommes à ne plus savoir ce qu’ils font, et joue en définitive le jeu d’une société où bien des hommes sont en trop. |
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