Le temps de l'individuation sociale

Fille de la modernité des Lumières, la figure du sujet libre est en passe d’être liquidée par les discours de la « postmodernité ». Désabusé des grands idéaux et affranchi des normes collectives, caractérisé par sa différence irréductible et ses potentialités d’« hybridation », l’individu « postmod...

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Auteur principal: Fernandez, Benjamin
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2011
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spelling cairn-RDM_038_0339RDMRevue du MAUSS https://shs.cairn.info/revue-du-mauss-2011-2-page-339?lang=fr https://doi.org/10.3917/rdm.038.0339 Le temps de l'individuation sociale Fernandez, Benjamin2011 fre Revue du MAUSS | 38 | 2 | 2011-11-01 | p. 339-348 | 1247-4819 RDM_0382 Fille de la modernité des Lumières, la figure du sujet libre est en passe d’être liquidée par les discours de la « postmodernité ». Désabusé des grands idéaux et affranchi des normes collectives, caractérisé par sa différence irréductible et ses potentialités d’« hybridation », l’individu « postmoderne » jouirait d’une liberté de fait dans un monde désormais ouvert et fluide, qui le dispenserait des exigences de lutte contre l’aliénation et pour l’émancipation sociale. Pourtant, la critique radicale du sujet moderne n’a pas été assez vigilante à la cohérence entre l’émergence de ce nouvel individu et le triomphe de l’ homo economicus, guidé par son seul intérêt dans les maillages, marché mondialisé. Sommé de s’adapter aux transformations du libéralisme planétarisé, sa liberté « nomade » n’est qu’une errance dans les flux du « nouveau monde » fluide, alors que toute politique se réduit à la gestion des flux économiques et de leurs rythmes. Penser la question de la libération suppose alors d’identifier les pouvoirs qui organisent les rythmes sociaux en faveur de l’économie de marché (d’une individualisation capitaliste), pour amorcer une nouvelle individuation sociale qui permette une participation des individus à la créativité sociale, aux choix de société. The Time of Social Individuation ‘Postmodern’ discourse is in the process of liquidating Modern Enlightenment’s figure of the free subject. Disillusioned by Great Ideals and emancipated of collective norms, characterized by his irreducible difference and potentialities for hybridization, the postmodern individual enjoys a de facto liberty in a henceforth open and fluid world that dispenses him from the exigencies of the fight against alienation and for social emancipation. The radical critique of the modern subject, however, has not been sufficiently aware of the co-incidence of the new individual and the triumph of the self-interested figure of homo oeconomicus within his world of networked global markets. Summoned to adapt to the transformations of globalized liberalism, his nomadic ‘liberty’ is but an erring in the fluxes of the fluid ‘new world’, while politics is reduced to the management of economic fluxes and their rhythms. Thinking liberation today therefore supposes be identified the organizing powers of social rhythms in favour of the market (and its capitalist individualization) in order to promote a new social individuation allowing for the participation of individuals to social creativity, i.e. to society’s choices.Cairn free access
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description Fille de la modernité des Lumières, la figure du sujet libre est en passe d’être liquidée par les discours de la « postmodernité ». Désabusé des grands idéaux et affranchi des normes collectives, caractérisé par sa différence irréductible et ses potentialités d’« hybridation », l’individu « postmoderne » jouirait d’une liberté de fait dans un monde désormais ouvert et fluide, qui le dispenserait des exigences de lutte contre l’aliénation et pour l’émancipation sociale. Pourtant, la critique radicale du sujet moderne n’a pas été assez vigilante à la cohérence entre l’émergence de ce nouvel individu et le triomphe de l’ homo economicus, guidé par son seul intérêt dans les maillages, marché mondialisé. Sommé de s’adapter aux transformations du libéralisme planétarisé, sa liberté « nomade » n’est qu’une errance dans les flux du « nouveau monde » fluide, alors que toute politique se réduit à la gestion des flux économiques et de leurs rythmes. Penser la question de la libération suppose alors d’identifier les pouvoirs qui organisent les rythmes sociaux en faveur de l’économie de marché (d’une individualisation capitaliste), pour amorcer une nouvelle individuation sociale qui permette une participation des individus à la créativité sociale, aux choix de société.
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