Le temps de l'individuation sociale

Fille de la modernité des Lumières, la figure du sujet libre est en passe d’être liquidée par les discours de la « postmodernité ». Désabusé des grands idéaux et affranchi des normes collectives, caractérisé par sa différence irréductible et ses potentialités d’« hybridation », l’individu « postmod...

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Auteur principal: Fernandez, Benjamin
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2011
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Fille de la modernité des Lumières, la figure du sujet libre est en passe d’être liquidée par les discours de la « postmodernité ». Désabusé des grands idéaux et affranchi des normes collectives, caractérisé par sa différence irréductible et ses potentialités d’« hybridation », l’individu « postmoderne » jouirait d’une liberté de fait dans un monde désormais ouvert et fluide, qui le dispenserait des exigences de lutte contre l’aliénation et pour l’émancipation sociale. Pourtant, la critique radicale du sujet moderne n’a pas été assez vigilante à la cohérence entre l’émergence de ce nouvel individu et le triomphe de l’ homo economicus, guidé par son seul intérêt dans les maillages, marché mondialisé. Sommé de s’adapter aux transformations du libéralisme planétarisé, sa liberté « nomade » n’est qu’une errance dans les flux du « nouveau monde » fluide, alors que toute politique se réduit à la gestion des flux économiques et de leurs rythmes. Penser la question de la libération suppose alors d’identifier les pouvoirs qui organisent les rythmes sociaux en faveur de l’économie de marché (d’une individualisation capitaliste), pour amorcer une nouvelle individuation sociale qui permette une participation des individus à la créativité sociale, aux choix de société.