Le langage et le don
Pour l’être humain, le langage n’est pas une institution parmi d’autres. Le langage constitue non seulement la matrice de toutes les autres sémiotiques humaines mais il démarque aussi la frontière entre l’humanité et les autres espèces animales. La « double articulation » qui caractérise en propre...
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
2011
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| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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cairn-RDM_036_0139RDMRevue du MAUSS https://shs.cairn.info/revue-du-mauss-2010-2-page-139?lang=fr https://doi.org/10.3917/rdm.036.0139 Le langage et le don Pierre, Jacques2011 fre Revue du MAUSS | 36 | 2 | 2011-01-18 | p. 139-152 | 1247-4819 RDM_03619 Pour l’être humain, le langage n’est pas une institution parmi d’autres. Le langage constitue non seulement la matrice de toutes les autres sémiotiques humaines mais il démarque aussi la frontière entre l’humanité et les autres espèces animales. La « double articulation » qui caractérise en propre le langage humain lui permet en effet de construire un monde à travers des représentations, lors même que les sémiotiques monoplanes ne font que transmettre de l’information sur le monde où l’animal est immergé. Cette puissance de représentation n’est possible que parce que la double articulation ouvre dans la mise en forme de l’expérience par notre langage un espace de virtualité où les choses, en même temps qu’elles demeurent identiques à elles-mêmes, peuvent à chaque instant être pensées autrement, où la métaphore et la métonymie ne cessent d’inquiéter la catégorisation de la perception, rendre perméable les identités et problématiser notre rapport au réel. Or le don a essentiellement une fonction sémiotique dans la mesure où il nous permet de faire avec une telle expérience paradoxale, à la fois intérieure au langage et impossible à totaliser dans le discours, de surmonter cette béance dans notre rapport à l’autre par un crédit que les uns et les autres s’accordent mutuellement pour parvenir malgré tout à former une communauté langagière. The Language and the Gift Language is not just any other institution in human societies. Language is not only the matrix of all other human semiotics ; it also draws the frontier between humanity and other animal species. The “double articulation” characterizing human language enables humans to construct a world through representations, whereas single plane semiotics are limited to the univocal transmission of information. This faculty of representation is only possible because the double articulation in language opens a space of virtuality that opens univocal meaning onto plurality and indeterminacy, thereby raising questions about the categorization of perception, the boundaries of identities and human relation to reality. The gift shares the same fundamental semiotic function as language inasmuch as it enables us to cope with such a paradoxical experience by the mutual accordance of credit that enables a community of speech.Cairn free access |
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Pour l’être humain, le langage n’est pas une institution parmi d’autres. Le langage constitue non seulement la matrice de toutes les autres sémiotiques humaines mais il démarque aussi la frontière entre l’humanité et les autres espèces animales. La « double articulation » qui caractérise en propre le langage humain lui permet en effet de construire un monde à travers des représentations, lors même que les sémiotiques monoplanes ne font que transmettre de l’information sur le monde où l’animal est immergé. Cette puissance de représentation n’est possible que parce que la double articulation ouvre dans la mise en forme de l’expérience par notre langage un espace de virtualité où les choses, en même temps qu’elles demeurent identiques à elles-mêmes, peuvent à chaque instant être pensées autrement, où la métaphore et la métonymie ne cessent d’inquiéter la catégorisation de la perception, rendre perméable les identités et problématiser notre rapport au réel. Or le don a essentiellement une fonction sémiotique dans la mesure où il nous permet de faire avec une telle expérience paradoxale, à la fois intérieure au langage et impossible à totaliser dans le discours, de surmonter cette béance dans notre rapport à l’autre par un crédit que les uns et les autres s’accordent mutuellement pour parvenir malgré tout à former une communauté langagière. |
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