Le langage et le don
Pour l’être humain, le langage n’est pas une institution parmi d’autres. Le langage constitue non seulement la matrice de toutes les autres sémiotiques humaines mais il démarque aussi la frontière entre l’humanité et les autres espèces animales. La « double articulation » qui caractérise en propre...
Enregistré dans:
| Auteur principal: | |
|---|---|
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
2011
|
| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Pour l’être humain, le langage n’est pas une institution parmi d’autres. Le langage constitue non seulement la matrice de toutes les autres sémiotiques humaines mais il démarque aussi la frontière entre l’humanité et les autres espèces animales. La « double articulation » qui caractérise en propre le langage humain lui permet en effet de construire un monde à travers des représentations, lors même que les sémiotiques monoplanes ne font que transmettre de l’information sur le monde où l’animal est immergé. Cette puissance de représentation n’est possible que parce que la double articulation ouvre dans la mise en forme de l’expérience par notre langage un espace de virtualité où les choses, en même temps qu’elles demeurent identiques à elles-mêmes, peuvent à chaque instant être pensées autrement, où la métaphore et la métonymie ne cessent d’inquiéter la catégorisation de la perception, rendre perméable les identités et problématiser notre rapport au réel. Or le don a essentiellement une fonction sémiotique dans la mesure où il nous permet de faire avec une telle expérience paradoxale, à la fois intérieure au langage et impossible à totaliser dans le discours, de surmonter cette béance dans notre rapport à l’autre par un crédit que les uns et les autres s’accordent mutuellement pour parvenir malgré tout à former une communauté langagière. |
|---|