Enjeux d'une théorie de la religion au-delà du mirage girardien Réflexion critique sur Le Symbolique et le sacré de Camille Tarot

Cet article revient d’abord sur la thèse soutenue par Camille Tarot dans Le Symbolique et le sacré (2008), sans doute l’une des plus grandes contributions socio-anthropologiques sur la religion depuis plusieurs années, selon laquelle une théorie de la religion doit articuler justement ces deux n...

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Hlavní autor: Gauthier, François
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: 2008
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Shrnutí:Cet article revient d’abord sur la thèse soutenue par Camille Tarot dans Le Symbolique et le sacré (2008), sans doute l’une des plus grandes contributions socio-anthropologiques sur la religion depuis plusieurs années, selon laquelle une théorie de la religion doit articuler justement ces deux notions de sacré et de symbolique, avant de s’engager sur une voie nettement plus critique. Abandonnant les riches propositions faites antérieurement dans une veine durkheimo-maussienne, la perspective actuelle de C. Tarot, « durkheimogirardienne », est à ce point téléguidée par les thèses de René Girard que l’articulation entre sacré et symbolique est absorbée par le sacré défini en termes de violence. Il convient donc, dans un deuxième temps, de faire la critique du système girardien repris par C. Tarot, en soulignant autant les éléments passés sous silence que les impasses qui lui sont inhérentes, notamment ses dégénérations de l’arbitraire. Or cette « conversion girardienne », si elle entraîne une redirection majeure de l’œuvre de C. Tarot depuis 2003, exige qu’on puisse en rendre compte. Le regard attentif porté sur les moments de rupture avec la filiation maussienne pointe en direction d’un débat quant à l’antériorité du don ou du sacrifice, une question qui nous entraîne vers les fondements mêmes de l’anthropologie et sur laquelle il faut s’arrêter dans un troisième temps. Dans un quatrième temps, revenir sur l’articulation du symbolique et du sacré de laquelle l’œuvre de C. Tarot s’est éloignée permet enfin de faire apparaître des enjeux épistémologiques de première importance pour une théorie de la religion et une théorie socio-anthropo-logique des fondements du social, à savoir le recouvrement par ces deux termes, à travers l’évolution de la notion de sacré chez Marcel Mauss et la postérité de la pensée de ce dernier dans les lectures radicalement opposées de Claude Lévi-Strauss et de Georges Bataille, de deux niveaux analytiques fondamentaux, topique et énergétique.