Les apories du mérite
Donner à chacun selon son mérite nous paraît bien plus juste que la stricte égalité. Ce lieu commun des sociétés démocratiques modernes est ici interrogé à partir d’une double perspective, celle du paradigme du don conjugué au concept arendtien de l’action. Il en ressort que notre conception cour...
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
2008
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| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Donner à chacun selon son mérite nous paraît bien plus juste que la stricte
égalité. Ce lieu commun des sociétés démocratiques modernes est ici interrogé à partir d’une double perspective, celle du paradigme du don conjugué
au concept arendtien de l’action. Il en ressort que notre conception courante
du mérite est particulièrement corrosive : elle nous engage à réduire l’action
à un fait mesurable, strictement attribuable à un individu ; ainsi formalisée,
l’action n’est plus qu’un calcul – calcul qui la produit, calcul qui l’évalue.
L’action en sort vidée de son sens, défaite de sa dimension plurielle et
symbolique, banalisée. L’exigence d’une reconnaissance de notre mérite
se révèle alors aporétique, puisque ce qu’il nous importe de voir reconnu,
c’est notre singularité. |
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