L'animal est-il un homme politique ?

Dès l’Antiquité grecque, la référence au monde animal occupe une place centrale dans l’analyse et la constitution du savoir politique. Platon dans le Politique, un dialogue postérieur à La République, fait un parallèle entre les activités du pasteur et celles du philosophe-roi présidant aux desti...

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Detaylı Bibliyografya
Yazar: Tonnet, Alain
Materyal Türü: Article ou chapitre numérique
Dil:Français
Baskı/Yayın Bilgisi: 2008
Online Erişim:Accès Université d'Orléans et IFPM
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id cairn-RDM_031_0411
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spelling cairn-RDM_031_0411RDMRevue du MAUSS https://shs.cairn.info/revue-du-mauss-2008-1-page-411?lang=fr https://doi.org/10.3917/rdm.031.0411 L'animal est-il un homme politique ? Tonnet, Alain2008 fre Revue du MAUSS | 31 | 1 | 2008-06-16 | p. 411-434 | 1247-4819 RDM_03131 Dès l’Antiquité grecque, la référence au monde animal occupe une place centrale dans l’analyse et la constitution du savoir politique. Platon dans le Politique, un dialogue postérieur à La République, fait un parallèle entre les activités du pasteur et celles du philosophe-roi présidant aux destinées de la cité idéale. Aristote, en naturaliste, s’intéresse peu aux mœurs pastorales, il décrit et tente d’interpréter le comportement des animaux en général et des animaux sociaux en particulier. Ses recherches le conduisent à catégoriser l’homme dans une petite niche qu’il dénomme « animaux politiques », où figurent également l’abeille, la guêpe, la fourmi et la grue. Dans Les Politiques, il n’hésite pas à mettre sur le même pied l’abeille et l’homme. Ces deux approches peuvent être vues rétrospectivement comme organisant nombre de réflexions de philosophie politique. La vision pastorale suggérée par Platon au début du Politique est envisagée aujourd’hui par Peter Sloterdijk comme le grand refoulé de l’inconscient politique contemporain. Des variations sur ce thème animalier du bonheur à la ferme ont déjà été proposées par George Orwell et l’on peut également être tenté de lire les penseurs de l’ère préindustrielle qu’ont été Bernard de Mandeville ou Joseph Townsend dans la lignée des considérations platoniciennes. Pour diverses raisons, il est plus difficile de trouver des héritiers intellectuels aux théories politiques d’Aristote, mais peut-être faut-il chercher en dehors de la philosophie politique. Si l’on s’intéresse aux naturalistes, on peut confronter à titre illustratif la vision de l’essaim d’abeilles proposée par Louis Bouvier dans Le Communisme chez les insectes à celle de l’essaim individualiste, jouisseur et politiquement libéral qui a été développée par Bernard de Mandeville.« Is animal a political man ? » In ancient Greek philosophy, the world of animal is frequently used in a metaphorical way. Plato in the Statesman, a dialogue posterior to The Republic, draws a parallel between the shepherd minding his flock and the philosopher-king in charge of the destiny of the city. Aristotle, as a naturalist, doesn’t restrict his vision to agro-pastoral activities but describes and tries to interpret the behaviour of animals in general and social animals in particular. His research leads him to categorise the human being in a small niche which he names « political animals », among these : bees, wasps, ants, cranes... In The Politics, he doesn’t hesitate to place « man » and « bee » on an equal footing. Both approaches may be seen in retrospect very close to various reflections in the field of political philosophy. The pastoral vision suggested by Plato in the Statesman is considered today by Peter Sloterdijk as a major component of the contemporary political unconscious. Variations on the animal metaphor have also been proposed by George Orwell and some political thinkers from the pre-industrial era as Bernard de Mandeville or the Pastor Joseph Townsend could also be classified in a post-platonic context. For various reasons, it is more difficult to find intellectual heirs to Aristotelian political theories, but it could be useful to search outside political philosophy. Looking at naturalists, one may for instance confront the way the French entomologist Louis Bouvier envisions at the start of past century the swarm in Le Communisme chez les insectes with Bernard de Mandeville’s consideration of individualistic, sensual and profit minded insects.Cairn free access
language Français
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description Dès l’Antiquité grecque, la référence au monde animal occupe une place centrale dans l’analyse et la constitution du savoir politique. Platon dans le Politique, un dialogue postérieur à La République, fait un parallèle entre les activités du pasteur et celles du philosophe-roi présidant aux destinées de la cité idéale. Aristote, en naturaliste, s’intéresse peu aux mœurs pastorales, il décrit et tente d’interpréter le comportement des animaux en général et des animaux sociaux en particulier. Ses recherches le conduisent à catégoriser l’homme dans une petite niche qu’il dénomme « animaux politiques », où figurent également l’abeille, la guêpe, la fourmi et la grue. Dans Les Politiques, il n’hésite pas à mettre sur le même pied l’abeille et l’homme. Ces deux approches peuvent être vues rétrospectivement comme organisant nombre de réflexions de philosophie politique. La vision pastorale suggérée par Platon au début du Politique est envisagée aujourd’hui par Peter Sloterdijk comme le grand refoulé de l’inconscient politique contemporain. Des variations sur ce thème animalier du bonheur à la ferme ont déjà été proposées par George Orwell et l’on peut également être tenté de lire les penseurs de l’ère préindustrielle qu’ont été Bernard de Mandeville ou Joseph Townsend dans la lignée des considérations platoniciennes. Pour diverses raisons, il est plus difficile de trouver des héritiers intellectuels aux théories politiques d’Aristote, mais peut-être faut-il chercher en dehors de la philosophie politique. Si l’on s’intéresse aux naturalistes, on peut confronter à titre illustratif la vision de l’essaim d’abeilles proposée par Louis Bouvier dans Le Communisme chez les insectes à celle de l’essaim individualiste, jouisseur et politiquement libéral qui a été développée par Bernard de Mandeville.
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