L'économie de l'affection et l'économie morale dans une perspective comparative : qu'avons-nous appris ?
On peut trouver à l’économie morale trois origines et en discuter des éléments de comparaison. La première, d’Asie du Sud-Est (James Scott, 1976), affirme principalement que le paysan manifeste un comportement économique spécifique centré sur la subsistance parce que, contrairement à l’entreprise...
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| Autore principale: | |
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| Natura: | Article ou chapitre numérique |
| Lingua: | Français |
| Pubblicazione: |
2007
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| Accesso online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Riassunto: | On peut trouver à l’économie morale trois origines et en discuter des éléments de comparaison. La première, d’Asie du Sud-Est (James Scott, 1976),
affirme principalement que le paysan manifeste un comportement économique
spécifique centré sur la subsistance parce que, contrairement à l’entreprise
capitaliste, il est à la fois une unité de consommation et une unité de production. La deuxième vient des pays industrialisés avec pour figure clé Karl
Polanyi (1944) et son analyse de « la grande transformation » : la séparation
de l’économie politique et de l’économie morale. Pour lui, avec l’industrialisation, l’économie n’est plus enchâssée dans le social ou le culturel, mais
c’est plutôt le contraire. La troisième source d’économie morale est l’Afrique
et spécialement la riche littérature produite par l’anthropologie économique et
sociale sur les systèmes de parenté et les organisations sociales. Une tradition
anthropologique française qui se focalise sur les modes de production et
leurs conséquences sur la formation des valeurs : Meillassoux (1964,1975)
et Coquery-Vidrovitch. Tandis que Kopytoff (1987), Berry (1993) et Peters
(1994) mettent en question le caractère durable des institutions coutumières
locales et à la place démontrent l’ingénuité avec laquelle les acteurs africains
réinventent, renégocient et adaptent leurs valeurs pour gérer les défis de leur
existence.
Mais il y a lieu de considérer un concept complémentaire – l’économie de
l’affection – pour mieux comprendre et analyser les choix et les comportements dans les pays où le capitalisme n’a pas encore pénétré la société et où
la forme dominante de l’organisation économique et sociale est fondée sur les
petites unités et la réciprocité en général. Malgré l’apparition des mécanismes
de marché, les institutions et les comportements basés sur l’investissement
dans les relations avec autrui continuent d’opérer. |
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