La globalisation, point aveugle de la pensée de Lefort
Claude Lefort s’est refusé à reconnaître dans le processus de globalisation qui s’est emballé à la fin du XXe siècle un basculement historique ayant l’importance qu’il a largement manifestée depuis. En le réduisant à un discours libéral, il s’est aveuglé sur ce changement d’horizon impulsé par l’ac...
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicat: |
2026
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| Accés en línia: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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cairn-RDM1_067_0065RDM1Revue du MAUSS https://shs.cairn.info/revue-du-mauss1-2026-1-page-65?lang=fr https://doi.org/10.3917/rdm1.067.0065 La globalisation, point aveugle de la pensée de Lefort Pasquier, Sylvain2026 fre Revue du MAUSS | 67 | 1 | 2026-08-03 | p. 65-80 | 1247-4819 RDM1_0676 Claude Lefort s’est refusé à reconnaître dans le processus de globalisation qui s’est emballé à la fin du XXe siècle un basculement historique ayant l’importance qu’il a largement manifestée depuis. En le réduisant à un discours libéral, il s’est aveuglé sur ce changement d’horizon impulsé par l’accélération néolibérale de la mondialisation économique sur fond duquel la réalité contemporaine s’établit et doit désormais faire sens. Une chair du social global, au sens de Merleau-Ponty, a émergé d’une sensibilité commune aux événements du monde et se traduit par une réflexivité inhérente à une situation de face-à-face généralisé. Dès lors, la démocratie globale apparaît difficilement pensable dans les termes de Lefort qui ne peut la concevoir que dans le cadre de la modernité et à partir du pôle symbolique que constitue, selon lui, le politique. Alors que la plupart de ses concepts restent opératoires afin de se saisir de la crise actuelle de la démocratie, rien dans sa réflexion ne permet de prendre en considération l’aspiration à celle-ci ni d’envisager sa ré-invention à l’âge de la globalisation. Claude Lefort refused to recognize the process of globalization—which gained momentum at the end of the 20th century—as a historic turning point of the significance it has since largely demonstrated. By reducing it to a liberal discourse, he blinded himself to this shift in perspective driven by the neoliberal acceleration of economic globalization—against the horizon of which contemporary reality is established and must now make sense. A “flesh of the global social,” in Merleau-Ponty’s sense, has emerged from a shared sensitivity to world events and manifests itself as a reflexivity inherent in a situation of generalized face-to-face interaction. Consequently, global democracy appears difficult to conceive in Lefort’s terms, as he can only conceive of it within the framework of modernity and from the symbolic pole that, in his view, le politique constitutes. While most of his concepts remain useful for understanding the current crisis of democracy, nothing in his thinking allows us to take into account the aspiration toward democracy or to envisage its reinvention in the age of globalization. Cairn restricted access |
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Claude Lefort s’est refusé à reconnaître dans le processus de globalisation qui s’est emballé à la fin du XXe siècle un basculement historique ayant l’importance qu’il a largement manifestée depuis. En le réduisant à un discours libéral, il s’est aveuglé sur ce changement d’horizon impulsé par l’accélération néolibérale de la mondialisation économique sur fond duquel la réalité contemporaine s’établit et doit désormais faire sens. Une chair du social global, au sens de Merleau-Ponty, a émergé d’une sensibilité commune aux événements du monde et se traduit par une réflexivité inhérente à une situation de face-à-face généralisé. Dès lors, la démocratie globale apparaît difficilement pensable dans les termes de Lefort qui ne peut la concevoir que dans le cadre de la modernité et à partir du pôle symbolique que constitue, selon lui, le politique. Alors que la plupart de ses concepts restent opératoires afin de se saisir de la crise actuelle de la démocratie, rien dans sa réflexion ne permet de prendre en considération l’aspiration à celle-ci ni d’envisager sa ré-invention à l’âge de la globalisation.
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