Former des requêtes quand on est dépourvu de droits
La requête individuelle aux autorités est un genre très codifié, qui se caractérise notamment par la déférence du requérant envers le destinataire. Peut-elle dès lors être porteuse d’une expression politique ? Cet article prend comme observatoire le cas extrême d’habitants à la fois pauvres et sans...
Enregistré dans:
| Auteurs principaux: | , |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
2025
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| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | La requête individuelle aux autorités est un genre très codifié, qui se caractérise notamment par la déférence du requérant envers le destinataire. Peut-elle dès lors être porteuse d’une expression politique ? Cet article prend comme observatoire le cas extrême d’habitants à la fois pauvres et sans droits, parce qu’ils vivent dans des bâtiments construits illégalement dans les quartiers précaires, dans le contexte particulièrement autoritaire du régime franquiste. Or ces habitants écrivent aux autorités pour formuler des requêtes. L’analyse montre que les formes de ces adresses contribuent, dans une petite mesure, à façonner les modalités du gouvernement des quartiers précaires. Celles-ci participent en effet de la régulation de la relation entre l’administration et les administrés, et donc de l’évolution de cette relation. Ainsi, la requête individuelle n’est-elle pas nécessairement individualisante, pas plus qu’elle n’enferme le requérant dans une relation de patron à client. En mettant en évidence la portée collective de la requête individuelle, l’article montre aussi que l’opposition entre la requête individuelle et la pétition collective, de nature politique et d’inspiration démocratique, ne résiste pas à l’analyse.
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