Tout étoilé. Grands récits et anarchie : Lyotard, Rancière et Graeber

Les livres de David Graeber s’approchent de ce que l’on a appris à critiquer comme « grand récit ». C’est d’autant plus surprenant que Graeber est inspiré de l’anarchisme et que les grands récits sont réputés liés à des conceptions politiques autoritaires ou réformistes. Or c’est justement ce qui fa...

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Autore principale: Gizard, Benjamin
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: 2024
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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spelling cairn-RDM1_062_0089RDM1Revue du MAUSS https://shs.cairn.info/revue-du-mauss1-2023-2-page-89?lang=fr https://doi.org/10.3917/rdm1.062.0089 Tout étoilé. Grands récits et anarchie : Lyotard, Rancière et Graeber Gizard, Benjamin2024 fre Revue du MAUSS | 62 | 2 | 2024-01-05 | p. 89-97 | 1247-4819 RDM1_0625 Les livres de David Graeber s’approchent de ce que l’on a appris à critiquer comme « grand récit ». C’est d’autant plus surprenant que Graeber est inspiré de l’anarchisme et que les grands récits sont réputés liés à des conceptions politiques autoritaires ou réformistes. Or c’est justement ce qui fait l’intérêt de Graeber, il parvient à destituer les grands récits, à en libérer les potentialités politiques parce qu’il aborde l’histoire sur un mode anarchique. Pour comprendre le sens de cet usage anarchique de l’histoire, l’article restitue la façon dont Jean-François Lyotard a posé le problème des grands récits du schème de l’ arkhè, plutôt que sur le problème de la totalité. Dans un second temps, j’aborde l’écriture historienne de Jacques Rancière pour montrer une manière de destituer ce schème de l’ arkhè, en privilégiant les événements et les singularités politiques, au détriment des objets macro-historiques. J’en viens dans un dernier temps à Graeber pour montrer comment il nous sort de la nuit noire de l’histoire de la domination, comment il compose des « tout » étoilés d’anarchie, où tant les événements que les entités macro-sociales sont pensables sur un mode égalitaire et émancipateur. David Graeber’s books come close to what we have come to criticize as “grand narratives”. This is all the more surprising given that Graeber was inspired by anarchism and that grand narratives are supposedly linked to authoritarian or reformist politics. I would argue that this is precisely what makes Graeber so interesting: he manages to depose grand narratives, to liberate their political potential, because he approaches history in an anarchic mode. To understand the meaning of this anarchic use of history, I return to the way Jean-François Lyotard posed the problem of grand narratives, insisting on the schema of arkhe, rather than from the problem of totality. I then turn to Jacques Rancière’s historical writing, to show how this schema of arkhe can be destituted, by privileging events over macro-social entities. Finally, I turn to Graeber to show how he takes us out of the dark night of the history of domination, how he composes starry “wholes” of anarchy, where both events and macro-social entities are thinkable in an egalitarian and emancipatory mode.Cairn restricted access
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description Les livres de David Graeber s’approchent de ce que l’on a appris à critiquer comme « grand récit ». C’est d’autant plus surprenant que Graeber est inspiré de l’anarchisme et que les grands récits sont réputés liés à des conceptions politiques autoritaires ou réformistes. Or c’est justement ce qui fait l’intérêt de Graeber, il parvient à destituer les grands récits, à en libérer les potentialités politiques parce qu’il aborde l’histoire sur un mode anarchique. Pour comprendre le sens de cet usage anarchique de l’histoire, l’article restitue la façon dont Jean-François Lyotard a posé le problème des grands récits du schème de l’ arkhè, plutôt que sur le problème de la totalité. Dans un second temps, j’aborde l’écriture historienne de Jacques Rancière pour montrer une manière de destituer ce schème de l’ arkhè, en privilégiant les événements et les singularités politiques, au détriment des objets macro-historiques. J’en viens dans un dernier temps à Graeber pour montrer comment il nous sort de la nuit noire de l’histoire de la domination, comment il compose des « tout » étoilés d’anarchie, où tant les événements que les entités macro-sociales sont pensables sur un mode égalitaire et émancipateur.
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