Tout étoilé. Grands récits et anarchie : Lyotard, Rancière et Graeber

Les livres de David Graeber s’approchent de ce que l’on a appris à critiquer comme « grand récit ». C’est d’autant plus surprenant que Graeber est inspiré de l’anarchisme et que les grands récits sont réputés liés à des conceptions politiques autoritaires ou réformistes. Or c’est justement ce qui fa...

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Autore principale: Gizard, Benjamin
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: 2024
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Les livres de David Graeber s’approchent de ce que l’on a appris à critiquer comme « grand récit ». C’est d’autant plus surprenant que Graeber est inspiré de l’anarchisme et que les grands récits sont réputés liés à des conceptions politiques autoritaires ou réformistes. Or c’est justement ce qui fait l’intérêt de Graeber, il parvient à destituer les grands récits, à en libérer les potentialités politiques parce qu’il aborde l’histoire sur un mode anarchique. Pour comprendre le sens de cet usage anarchique de l’histoire, l’article restitue la façon dont Jean-François Lyotard a posé le problème des grands récits du schème de l’ arkhè, plutôt que sur le problème de la totalité. Dans un second temps, j’aborde l’écriture historienne de Jacques Rancière pour montrer une manière de destituer ce schème de l’ arkhè, en privilégiant les événements et les singularités politiques, au détriment des objets macro-historiques. J’en viens dans un dernier temps à Graeber pour montrer comment il nous sort de la nuit noire de l’histoire de la domination, comment il compose des « tout » étoilés d’anarchie, où tant les événements que les entités macro-sociales sont pensables sur un mode égalitaire et émancipateur.