« Ces choses qui ne se font pas ». Le relativisme inconséquent de Philippe Descola, qui est aussi le nôtre
L’inconséquence de nous autres Modernes tient au fait que nous sommes généralement attachés à des principes moraux opposés et incompatibles entre eux. Nous sommes tout à la fois respectueux de la pluralité des cultures humaines et attachés à la défense de principes universels que nous refusons de...
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
2023
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| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | L’inconséquence de nous autres Modernes tient au fait que nous sommes généralement attachés à des principes moraux opposés et incompatibles entre eux. Nous sommes tout à la fois respectueux de la pluralité des cultures humaines et attachés à la défense de principes universels que nous refusons de ramener au seul contexte de la culture occidentale. Une illustration remarquable de cette position inconséquente est l’expérience que fit l’anthropologue Philippe Descola lors de son séjour parmi les Achuar d’Amazonie. Confronté à certaines pratiques sociales que sa conscience répugnait, il sut trouver des stratégies habiles d’évitement, une ruse à laquelle il ne put, cependant, avoir recours face à la violence faite aux femmes, parce que ce sont là « des choses qui ne se font pas ». Bien que l’anthropologue ne s’explique guère sur les raisons profondes de sa protestation, et qui vont bien au-delà de sa propre personne, le récit qu’il en fait nous invite à réfléchir sur notre attitude morale face à l’altérité, faite de contradictions normatives qui sont, en réalité, le propre de notre condition humaine dans sa finitude irréductible.
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