« Il était une deuxième fois » : vers la transformation d’une profonde blessure

Dans le cadre de sa pratique en périnatalité, l’autrice évoque la rencontre avec des femmes, enceintes d’un deuxième enfant, qui sont déjà mères et qui ont vécu un premier accouchement profondément traumatique sur les plans somatique et psychique. Elles consultent parce qu’elles sont envahies par d...

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Auteur principal: Desmarez, Christine
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2026
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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id cairn-RBP_088_0091
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traumatisme obstétrical
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Desmarez, Christine
« Il était une deuxième fois » : vers la transformation d’une profonde blessure
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description Dans le cadre de sa pratique en périnatalité, l’autrice évoque la rencontre avec des femmes, enceintes d’un deuxième enfant, qui sont déjà mères et qui ont vécu un premier accouchement profondément traumatique sur les plans somatique et psychique. Elles consultent parce qu’elles sont envahies par de fortes angoisses à la perspective de ce second accouchement. Après la première naissance, ces mères se sont ressenties sans affects ni élan envers leur bébé, vécu comme un étranger, et profondément défaillantes dans leur fonction maternelle. La difficulté à investir leur nouveau-né nourrit chez elles une culpabilité massive et le sentiment d’être de terriblement mauvaises mères. À l’approche de l’échéance imminente du second accouchement, le travail analytique doit se déployer dans l’urgence. Face à l’intensité de la souffrance de ces femmes, les mouvements contre-transférentiels de l’analyste sont particulièrement sollicités. Les interventions de la clinicienne sont moins centrées sur l’interprétation « classique » du refoulé et des résistances que sur une co-construction/transformation d’un scénario narratif qui devient moins destructeur et moins persécuteur pour ces patientes. À travers une écoute très engagée et un travail de mise en sens progressive, ces mères développent une position plus réflexive qui leur permet de relancer un nouveau processus associatif et de transformer progressivement ce vécu de « maternité manquée ». Ces traumas obstétricaux réactivent également des deuils anciens non élaborés et une histoire familiale marquée par des manques et des ruptures. Le travail analytique, en accueillant cette souffrance et en la reliant à l’histoire subjective et transgénérationnelle, ouvre la possibilité d’une « deuxième fois » : une autre manière d’accoucher et de rencontrer son bébé, mais aussi de se rencontrer comme mère.
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Après la première naissance, ces mères se sont ressenties sans affects ni élan envers leur bébé, vécu comme un étranger, et profondément défaillantes dans leur fonction maternelle. La difficulté à investir leur nouveau-né nourrit chez elles une culpabilité massive et le sentiment d’être de terriblement mauvaises mères. À l’approche de l’échéance imminente du second accouchement, le travail analytique doit se déployer dans l’urgence. Face à l’intensité de la souffrance de ces femmes, les mouvements contre-transférentiels de l’analyste sont particulièrement sollicités. Les interventions de la clinicienne sont moins centrées sur l’interprétation « classique » du refoulé et des résistances que sur une co-construction/transformation d’un scénario narratif qui devient moins destructeur et moins persécuteur pour ces patientes. À travers une écoute très engagée et un travail de mise en sens progressive, ces mères développent une position plus réflexive qui leur permet de relancer un nouveau processus associatif et de transformer progressivement ce vécu de « maternité manquée ». Ces traumas obstétricaux réactivent également des deuils anciens non élaborés et une histoire familiale marquée par des manques et des ruptures. Le travail analytique, en accueillant cette souffrance et en la reliant à l’histoire subjective et transgénérationnelle, ouvre la possibilité d’une « deuxième fois » : une autre manière d’accoucher et de rencontrer son bébé, mais aussi de se rencontrer comme mère. In het kader van haar praktijk in de perinatale zorg beschrijft de auteur haar ontmoetingen met vrouwen die zwanger zijn van hun tweede kind, al moeder zijn en een eerste bevalling hebben meegemaakt die zowel somatisch als psychisch zeer traumatisch was. Ze komen bij haar omdat ze overweldigd worden door sterke angsten bij het vooruitzicht van deze tweede bevalling. Na de eerste bevalling voelden deze moeders geen affect of enthousiasme voor hun baby, die ze als een vreemde beschouwden, en voelden ze zich diep tekortschieten in hun moederrol. De moeilijkheid om zich aan hun pasgeboren baby te hechten, voedt bij hen een enorm schuldgevoel en het gevoel dat ze vreselijk slechte moeders zijn. Nu de tweede bevalling nadert, moet het analytische werk met spoed worden uitgevoerd. Gezien de intensiteit van het lijden van deze vrouwen, worden de tegenoverdrachtsbewegingen van de analyticus bijzonder op de proef gesteld. De interventies van de clinicus zijn minder gericht op de ‘klassieke’ interpretatie van het verdrongene en de weerstanden, dan op het gezamenlijk construeren/transformeren van een narratief scenario dat minder destructief en minder kwetsend is voor deze patiënten. Door zeer betrokken te luisteren en geleidelijk betekenis te geven, ontwikkelen deze moeders een meer reflectieve houding die hen in staat stelt een nieuw associatief proces op gang te brengen en deze ervaring van ‘mislukt moederschap’ geleidelijk te transformeren. Deze obstetrische trauma’s reactiveren ook oude, onverwerkte rouwprocessen en een familiegeschiedenis die gekenmerkt wordt door tekortkomingen en breuken. Door dit lijden te erkennen en het te koppelen aan de subjectieve en transgenerationele geschiedenis, opent het analytische werk de mogelijkheid van een ‘tweede keer’ : een andere manier om te bevallen en je baby te ontmoeten, maar ook om jezelf als moeder te ontdekken. In the context of her perinatal practice, the author discusses her encounters with women who are pregnant with their second child, are already mothers, and have experienced a deeply traumatic first birth, both physically and psychologically. They seek counselling because they are overwhelmed by intense anxiety at the prospect of giving birth for the second time. After the first birth, these mothers lacked affection or enthusiasm towards their babies, whom they saw as strangers, and felt profoundly inadequate in their maternal role. Their difficulty in bonding with their newborns resulted in feelings of massive guilt and a feeling of being “bad mothers”. With the imminent arrival of the second birth approaching, the analytical work must be carried out urgently. Given the intensity of these women’s suffering, the analyst’s counter-transferential movements are particularly elicited. Rather than focusing on the ‘classical’ interpretation of repression and resistance, the clinician’s interventions concentrate on the co-construction of a narrative scenario that is less destructive and less persecutory for these patients. Through very committed listening and a process of gradual meaning-making, these mothers develop a more reflective position that allows them to engage a new associative process and gradually transform this experience of ‘missed motherhood’. These obstetric traumas also reactivate old, unresolved grief and a family history marked by losses and ruptures. By acknowledging this suffering and linking it to subjective and transgenerational history, the analytical work opens up the possibility of a ‘second start”: another way of giving birth and meeting one’s baby, but also of meeting oneself as a mother. Cairn restricted access