Anthropologie de l’organisation sociale des fumoirs de drogues dans les villes d’Abidjan et de Yamoussoukro (Côte D’Ivoire)

La crise sociopolitique qu’a traversée la Côte d’Ivoire, culminant par le conflit armé de 20102011, a favorisé l’intensification du trafic et de la consommation de drogues, notamment dans des espaces appelés "fumoirs de drogues". Cette étude ethnographique, réalisée entre mars et juille...

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Bibliografiske detaljer
Auteurs principaux: Yomi Tia, Félicien, Koffi, Yao Olivier, Traoré, Aminata, Déjourneux Adou, Désiré
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: 2025
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:La crise sociopolitique qu’a traversée la Côte d’Ivoire, culminant par le conflit armé de 20102011, a favorisé l’intensification du trafic et de la consommation de drogues, notamment dans des espaces appelés "fumoirs de drogues". Cette étude ethnographique, réalisée entre mars et juillet 2021, vise à analyser l’organisation sociale de ces fumoirs à Abidjan et à Yamoussoukro. Elle a impliqué une immersion dans 19 fumoirs, dont 13 à Abidjan et 6 à Yamoussoukro. Les données ont été recueillies à travers des observations directes et des entretiens semi-directifs auprès de 95 personnes impliquées dans le trafic et la consommation de drogues. Les résultats montrent que les fumoirs de drogues constituent des microsociétés structurées, organisées autour d’un système hiérarchisé aussi bien en interne qu’en externe, avec des différences subtiles entre Abidjan et Yamoussoukro. Chaque fumoir est dirigé par un chef, appelé le "Babatchè", assisté d’une équipe comprenant les vigiles (guetteurs), le banqueteur (filtreur), le Kamoracien (vendeur), le Bôrôtigui (gestionnaire de stock), le Zébier (logisticien), le receleur, les Bana-bana, le "chien" (gardien de sécurité) et les usagers, appelés "Djonki" ou "djôlô". Cette organisation rigide et bien définie permet aux fumoirs de s’installer de façon progressive, de fonctionner en toute discrétion, échappant ainsi à la vigilance des forces de répression et à l’hostilité des communautés locales.