L’exclusion des lépreux guéris dans la ville de Mongo, Chef-lieu de la Province du Guéra au Tchad.

Maladie terrifiante, la lèpre a réussi, de par le monde, à faire l’unanimité autour d’elle quant à l’exclusion des personnes qui en sont victimes. Faut-il rappeler qu’elle a suscité l’organisation, en 1897, du tout premier Congrès International de léprologie ayant recommandé l’isolement des malad...

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Auteur principal: N’Detibaye, Assah
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2021
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Maladie terrifiante, la lèpre a réussi, de par le monde, à faire l’unanimité autour d’elle quant à l’exclusion des personnes qui en sont victimes. Faut-il rappeler qu’elle a suscité l’organisation, en 1897, du tout premier Congrès International de léprologie ayant recommandé l’isolement des malades et la création des villages de lépreux ? Au Tchad en général, et dans la ville de Mongo en particulier, cette recommandation n’a fait qu’emboîter le pas à une pratique ancienne de même nature. La pratique de l’isolement des lépreux repose, sans conteste, sur la représentation culturelle de la lèpre au sein des communautés. La solidarité africaine n’est donc que l’ombre d’elle-même lorsqu’il s’agit de cette pathologie. Cette situation a rendu très difficile la réinsertion dans la société des lépreux guéris de Mongo, dont la volonté de résilience est manifeste. Le poids culturel de la lèpre est si lourd, si bien que les communautés ont du mal à s’approprier les efforts de sensibilisation en vue de la reconsidération des positions figées que mène le gouvernement, appuyé par les partenaires au développement et les ONG ainsi que les organisations confessionnelles. Ainsi ostracisés, les lépreux, même ceux qui ne présentent plus d’invalidité, ne recourent qu’à la mendicité pour leur subsistance, alors qu’insérés, ils accéderaient à une certaine autonomie.