La production de connaissances en temps de crise sanitaire

Passant en revue les efforts pour contrôler la grippe aviaire en Indonésie entre 2005 et 2010, le présent article examine pourquoi la réponse financée et mise au point par la communauté internationale s’est, à l’origine, essentiellement focalisée sur les petits élevages de volaille de basse-cour, ex...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Auteurs principaux: Forster, Paul, Charnoz, Olivier
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2013
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Passant en revue les efforts pour contrôler la grippe aviaire en Indonésie entre 2005 et 2010, le présent article examine pourquoi la réponse financée et mise au point par la communauté internationale s’est, à l’origine, essentiellement focalisée sur les petits élevages de volaille de basse-cour, excluant ou exonérant ainsi un secteur industriel important et peu réglementé de la responsabilité d’endiguer la propagation et la persistance du phénomène. Un certain nombre d’ a priori pesant sur les agences nationales et internationales est identifié qui a contribué à fausser la production des connaissances et a conduit à se concentrer sur les petits éleveurs plutôt que sur toutes les parties prenantes concernées. Ceci inclut l’admission trop rapide de la « biosécurité » comme inhérente à la production industrielle de volaille, le parti pris de politiques de développement axées sur les plus pauvres, l’absence de volonté de coordination des secteurs public et privé, et une définition de la santé basée plutôt sur la santé de l’homme que sur la santé animale. Ces a priori ont été renforcés par les modalités et les incitations organisationnelles propres des donateurs et des organisations chargées de la mise en œuvre. Pour traiter plus efficacement les urgences sanitaires mondiales, les procédures de gouvernance sanitaire globale et nationale doivent mieux prendre en compte la manière dont les connaissances sont produites et utilisées en temps de crise.