Inoculations, processions religieuses et quarantaines

RésuméCet article analyse comment la circulation des connaissances hétérogènes en matière de diagnostic et traitement des varioles entre l’Amérique, l’Europe et l’Afrique a forgé l’ensemble des pratiques implantées, développées et utilisées en Amérique latine au XVIIIe siècle. Il démontre comment le...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Auteurs principaux: Santos, Guillermo Martín, Thomas, Hernán Eduardo
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2012
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:RésuméCet article analyse comment la circulation des connaissances hétérogènes en matière de diagnostic et traitement des varioles entre l’Amérique, l’Europe et l’Afrique a forgé l’ensemble des pratiques implantées, développées et utilisées en Amérique latine au XVIIIe siècle. Il démontre comment les procédés mis en place pour faire face aux épidémies de varioles – l’inoculation, la procession religieuse, l’isolement et la mise en quarantaine – ont été différemment compris par les acteurs sociaux et que ces interprétations dépendaient, à leur tour, du type de problème pour lequel les procédés étaient considérés comme une solution. Les pratiques d’inoculation avec des varioles humaines, dans le but de générer une immunité ultérieure, ont façonné des ensembles complexes d’acteurs aux intérêts particuliers (parfois contradictoires), de connaissances variées (savoirs traditionnels et savoirs académiques), d’institutions politiques, médicales, religieuses, commerciales, de controverses et de luttes micropolitiques.Ce travail contribue à la sociologie de la science et à l’anthropologie des connaissances, tout en empruntant une approche théorique et méthodologique issue de la sociologie constructiviste de la technologie. Il permet de dépasser les visions évolutionnistes linéaires, déconstruisant ainsi l’unicité des procédés socio-techniques, et, en même temps, il rend possible l’identification des nouvelles explications, la reconstruction de procédés socio-cognitifs pour le dialogue des savoirs et la visibilisation des phénomènes complexes de transculturalité.