La focale anthropologique : l'interdisciplinarité à travers la « fabrique » de la discipline

À partir de recherches anthropologiques menées en Afrique dans le domaine de la santé, ce texte prolonge la réflexion de Patrick Charaudeau (2010) en considérant le décryptage de la fabrique de la recherche comme un lieu cardinal pour penser non seulement l’anthropologie mais aussi l’interdisciplina...

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Detalhes bibliográficos
Autor principal: Vidal, Laurent
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: 2011
Assuntos:
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:À partir de recherches anthropologiques menées en Afrique dans le domaine de la santé, ce texte prolonge la réflexion de Patrick Charaudeau (2010) en considérant le décryptage de la fabrique de la recherche comme un lieu cardinal pour penser non seulement l’anthropologie mais aussi l’interdisciplinarité. Après avoir discuté les limites de la notion de sous-discipline et le risque d’une « disciplinarisation » de l’interdisciplinarité, nous prenons l’exemple de deux projets de recherche menés en Afrique pour montrer ce que peut apporter l’étude de leur fabrique. Ceci via deux thématiques : le rapport à la « demande » de l’anthropologue travaillant des équipes de recherche pluridisciplinaires ; l’explicitation de la scientificité de sa démarche à des interlocuteurs peu familiers de celle-ci, et le maintien de celle-ci lorsqu’il s’agit de vulgariser les résultats de sa recherche. On en déduit d’abord que c’est dans la mécanique des relations entre le chercheur et le cadre dans lequel s’inscrit sa démarche que se crée ou se perd son autonomie face à la « demande » ; le chercheur doit donc négocier avec des contextes qu’il côtoie ou qu’il contribue à générer, et que c’est dans cette confrontation-là que naissent des espaces d’autonomie mais aussi de possibles blocages. S’agissant du débat sur la scientificité de nos démarches corrélée à l’importance de la vulgarisation, nous montrons que la difficulté n’est pas seulement de trouver les mots pour être entendu des autres, mais aussi – et peut-être surtout – d’utiliser ceux qui nous permettent d’exprimer une position, une analyse anthropologiquement fondée. En se penchant sur cette fabrique de l’anthropologie, le moment de la recherche s’érige alors en objet d’analyse et donne forme à des réflexions, des explications sur l’action, le développement, l’implication de l’anthropologue ainsi que sur la nature d’une discipline et de l’interdisciplinarité.