La cheville ouvrière de la passe

[Extrait de l'article — Les articles sont publiés uniquement en français ; les traductions de l'extrait ont été réalisées par le collectif de la revue] « Au moment de me mettre au pied du mur d’essayer de dire quelque chose de cette expérience de passeur que je viens de vivre pendant à...

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Auteur principal: Guillen, Fabienne
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2006
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:[Extrait de l'article — Les articles sont publiés uniquement en français ; les traductions de l'extrait ont été réalisées par le collectif de la revue] « Au moment de me mettre au pied du mur d’essayer de dire quelque chose de cette expérience de passeur que je viens de vivre pendant à peu près trois ans à l’APJL, c’est spontanément cette expression qui m’est venue en tête. Petite pièce située entre le passant et le cartel de la passe, je n’ai pas trouvé d’autre expression pour faire résonner le sentiment de responsabilité, le caractère laborieux de cette tâche en double aveugle, la solitude et le vide que rencontre le passeur dans sa fonction dus à l’absence de toute référence théorique et identificatoire. J’ai été amenée par le sort à écouter cinq passes et à devoir en témoigner devant le cartel de la passe. J’avais pourtant en 1992 participé au dispositif de la passe au sein de l’ECF en tant que passante, mais, malgré l’importance cruciale et inoubliable que cette expérience avait eu dans mon parcours analytique, cela ne m’avait pas permis de saisir comme j’ai pu le faire dans cette récente replongée dans ce dispositif complexe le caractère singulier de cette invention de Lacan pour tenter de nouer intention et extension, c’est-à-dire faire passer de l’individuel au collectif ce savoir acquis d’une psychanalyse, savoir dont Lacan soulignait lui-même qu’on ne peut pas s’entretenir. Il me semble que le tour de force qu’a opéré Lacan dans cette invention est d’avoir conservé dans ce passage au collectif l’essence même qui fait le nerf de la psychanalyse d’être une expérience de parole qui, venant forcément chatouiller la vérité, permet toujours quelque subversion du savoir déjà là et laisse ses chances aux surprises. Le travail du passeur se scande en trois moments : --l’écoute du passant ; --la construction du témoignage ; --la transmission de ce témoignage au cartel de la passe. »