L’ambition sans remords : SYRIZA et l’exercice du pouvoir

Parti largement inconnu, suscitant l’indifférence de l’opinion publique européenne et des médias jusqu’en 2009, SYRIZA constitue probablement une exception dans la famille de la gauche radicale européenne, autant par son ascension électorale rapide et sa victoire aux élections de 2015 que par la suc...

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Päätekijä: Rori, Lamprini
Aineistotyyppi: Article ou chapitre numérique
Kieli:Français
Julkaistu: 2017
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Yhteenveto:Parti largement inconnu, suscitant l’indifférence de l’opinion publique européenne et des médias jusqu’en 2009, SYRIZA constitue probablement une exception dans la famille de la gauche radicale européenne, autant par son ascension électorale rapide et sa victoire aux élections de 2015 que par la succession de ses choix paradoxaux dès lors qu’il a accédé aux responsabilités. SYRIZA est parvenu à capitaliser sur la structure d’opportunité politique créée par la crise financière grecque, et à combler le vide suscité par l’effondrement du bipartisme prévalant alors ainsi que par la débâcle électorale d’un des deux de ses piliers pendant la période 2010-2012 ; à maitriser et promouvoir un récit alternatif à la crise, dominé par la dénonciation du système et le populisme, en soutenant qu’il existait une voie alternative à l’austérité au sein de la zone euro ; à conquérir une partie importante des électeurs du Mouvement Socialiste Grec (PASOK) et de la Nouvelle Démocratie (ND) en suivant dans sa rhétorique une stratégie de rupture avec le passé, mais de continuité et de ralliement en ce qui concerne ses cadres et sa tactique. SYRIZA n’a pas hésité recourir aux possibilités institutionnelles à sa portée. En refusant à la fin 2014 d’apporter son soutien à l’élection du Président de la République, sous le gouvernement ND-PASOK, il accélère ainsi son ascension vers le pouvoir. Et il y parvient inéluctablement, faisant alors face aux responsabilités inhérentes à l’exercice du pouvoir, à l’époque des memoranda. En partant de l’hypothèse selon laquelle la crise a agi comme un choc extérieur qui a réveillé des dynamiques de changements jusque-là latentes au sein du parti, cet article étudie la profonde mutation de SYRIZA en termes organisationnels, de sociologie électorale, dans son discours, son travail gouvernemental, et sa stratégie d’alliances. La présente étude s’inscrit dans le débat autour du changement des partis politiques contemporains liés autant aux contraintes extérieures qu’à l’épée de Damoclès que constitue la gouvernance.