Psychiatries « transes-culturelles »

Resumé Psychiatrie transculturelle, ethnopsychiatrie, psychiatrie sociale et communautaire se sont développées au cours du XXe siècle en réaction à l’emprise très forte qu’avait pris le modèle anatomoclinique en psychiatrie. Se nourrissant des travaux de l’anthropologie sociale et culturelle et se...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Egile nagusia: Boussat, Stéphane
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: 2005
Gaiak:
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:Resumé Psychiatrie transculturelle, ethnopsychiatrie, psychiatrie sociale et communautaire se sont développées au cours du XXe siècle en réaction à l’emprise très forte qu’avait pris le modèle anatomoclinique en psychiatrie. Se nourrissant des travaux de l’anthropologie sociale et culturelle et se fondant sur la méthode comparative, ces mouvements s’inscrivaient dans le cadre plus large, politique, d’une revendication identitaire et d’une reconnaissance de l’altérité. En revisitant l’œuvre des pionniers que furent Louis Mars, Roger Bastide, Henri Collomb, qui se penchèrent dès le départ sur le phénomène fondateur de la transe, nous nous apercevrons que la plupart en viendront à remettre en cause le dogme de l’universalité de classifications et de pratiques psychiatriques élaborées en occident. Ils allaient parallèlement s’interroger sur la valeur des médecines traditionnelles qui, sous-tendues par une vision holistique de l’homme, semblent bien éloignées d’une science médicale rétive à tout ce qui touche à l’irrationnel, au religieux, à la transcendance. Témoins de l’effondrement des sociétés traditionnelles, ils s’inquièteront des effets potentiellement dévastateurs de l’acculturation, ou mieux de la déculturation des populations du tiers-monde. Face aux nouvelles menaces que constituent l’anomie, ou la « mort socio-somatique », ils invitent finalement le psychiatre à un effort de « transculturation », afin de construire un nouvel art clinique (la « sociatrie » ?), capable de créativité et d’ouverture à d’autres conceptions de la maladie mentale et de ses rapports avec l’environnement social et culturel dans lequel elle prend corps.