Importer Berlusconi
Les résultats des élections européennes de 1994, marquées en France par le succès relatif de la « liste Tapie » et en Italie par la consécration de Forza Italia de Silvio Berlusconi ont donné lieu à une avalanche de commentaires inquiets. Un parallèle entre ces deux entreprises politiques « atypiq...
Gardado en:
| Autor Principal: | |
|---|---|
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado: |
2007
|
| Acceso en liña: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Les résultats des élections européennes de 1994, marquées en France par le succès relatif de
la « liste Tapie » et en Italie par la consécration de Forza Italia de Silvio Berlusconi ont donné lieu à une
avalanche de commentaires inquiets. Un parallèle entre ces deux entreprises politiques « atypiques » a
immédiatement surgi sous la plume des analystes politiques les plus divers, manifestant par ce rapprochement inopiné leur désarroi interprétatif face à des phénomènes politiques qui leur semblaient, sur le
moment, largement inexplicables. L’amalgame entre ces deux outsiders du jeu politique a également
facilité l’émergence d’une entreprise de disqualification conjointe reposant sur l’invocation du
« populisme », érigé en explication des deux phénomènes. Ce rapprochement singulier met toutefois en
évidence que l’opération de stigmatisation, loin de produire tous les effets escomptés par ses promoteurs, est susceptible d’octroyer paradoxalement des ressources aux acteurs politiques émergents, en
leur permettant notamment de s’inventer une forme de virginité politique ou, à l’inverse, en inscrivant
une « marque » politique émergente dans une tradition bien établie. Les aléas de la qualification
« populiste » paraissent, au vu de ces deux cas exemplaires, renseigner moins sur les caractéristiques
des entreprises politiques elles-mêmes que sur leur degré d’insertion et de reconnaissance au sein du
jeu politique. |
|---|