La Couverture maladie universelle, une légitimité contestée : analyse des attitudes de médecins et dentistes à l'égard de ses bénéficiaires

RésuméL’article a pour objectif d’analyser les refus de soins à l’égard des bénéficiaires de la Couverture maladie universelle (CMU) complémentaire. Nous montrons que les manières de concevoir et de mettre en œuvre la réforme participent à la production des refus des praticiens de ville. Il s’appuie...

Volledige beschrijving

Bewaard in:
Bibliografische gegevens
Hoofdauteur: Desprès, C.
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:Français
Gepubliceerd in: 2010
Onderwerpen:
Online toegang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Omschrijving
Samenvatting:RésuméL’article a pour objectif d’analyser les refus de soins à l’égard des bénéficiaires de la Couverture maladie universelle (CMU) complémentaire. Nous montrons que les manières de concevoir et de mettre en œuvre la réforme participent à la production des refus des praticiens de ville. Il s’appuie sur les résultats d’un testing réalisé en 2005, ayant fait l’objet d’une analyse mixte, quantitative et qualitative ainsi qu’une vingtaine d’entretiens auprès des praticiens.Les refus se différenciaient en fonction des catégories de professionnels : quasi inexistants chez les médecins généralistes en secteur 1, plus de 16 % en secteur 2 et proches de 40 % chez les dentistes et les spécialistes (différence statistiquement significative). Cette catégorie de refus était, avant tout, en rapport avec la question des tarifs et concernait donc surtout les médecins en secteur 2 soumis aux tarifs opposables (qui ne peuvent donc pas appliquer de dépassement aux bénéficiaires de la CMU complémentaire) et les dentistes qui n’ont plus la liberté tarifaire pour les prothèses dentaires. Le principe de la gratuité sans contrepartie, qui va à l’encontre des catégories traditionnelles d’accès à la couverture complémentaire, heurtait également les praticiens. La mauvaise connaissance des personnes ciblées par la loi contribuait également à les considérer comme illégitimes, et du fait de l’effet seuil, à considérer cette loi comme injuste.Les refus sont apparus donc comme, en partie, déterminés par le contexte légal et par la manière dont les praticiens s’en étaient saisis. Les représentations sociales des bénéficiaires allaient dans le sens d’un manque de légitimité de ces derniers et alimentaient la discrimination. Prat Organ Soins 2010;41(1):33-43