Valeurs universitaires, gestion des établissements et politiques publiques
Si les impacts sur l’enseignement supérieur des politiques et des revenus liés au marché ne sont pas uniformes, la mondialisation a toutefois exposé la plupart des établissements à de nouvelles pressions. Les modèles de financement public élaborés il y a 50ans ont sous-estimé le coût total de l’e...
Enregistré dans:
| Auteur principal: | |
|---|---|
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
2007
|
| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Si les impacts sur l’enseignement supérieur des politiques et des
revenus liés au marché ne sont pas uniformes, la mondialisation a
toutefois exposé la plupart des établissements à de nouvelles pressions.
Les modèles de financement public élaborés il y a 50ans ont sous-estimé le coût total de l’enseignement supérieur de masse en tant que
droit pour tous, tandis que la quantité des ressources nécessaires
pour maintenir une université de recherche polyvalente exige, pour la
majorité des établissements, un équilibre plus nuancé entre recherche et
enseignement. Ces mêmes pressions menacent l’accès équitable si
l’augmentation des frais de scolarité n’est pas compensée en totalité
par une aide financière adaptée et fondée sur les besoins, alors même
qu’en l’absence de pressions sur les frais de scolarité, l’accroissement
de la participation non consolidée des étudiants nuit à la qualité de
l’enseignement supérieur. Dans ce contexte, la hausse des besoins en
financement est souvent justifiée par des objectifs utilitaires affectant
les ambitions de la recherche et de la mission professorale et
corrompant l’équilibre de l’évolution des programmes d’études. En
revanche, l’élargissement de la gamme de sources de revenus
disponibles engendre des occasions pour les établissements de fixer des
priorités plus créatives et moins réglementées. Les impacts potentiels
des intérêts privés sur l’enseignement supérieur sont bien connus
mais une dépendance au financement par l’État – dépendance souvent
singulière et témoignant d’une certaine vulnérabilité politique– peut
être à même de détourner les valeurs universitaires. Au moment où les
établissements d’enseignement supérieur clarifient leurs valeurs afin
de faire front aux pressions mondiales pour fournir un enseignement
supérieur de masse et pour satisfaire les besoins de l’économie du
savoir, ils doivent également remplir leur rôle de pôles d’imagination,
d’innovation, de débat, de scepticisme et de questionnement. Ces
valeurs sont elles aussi essentielles à l’heure où les décideurs de
l’enseignement supérieur cherchent à se confronter aux évolutions
qu’ils doivent eux-mêmes instaurer dans leurs établissements. |
|---|