Encourager la subversion : recomposition de l’État et décollectivisation des terres publiques dans le Bas-Chéliff, Algérie

Cet article analyse le gouvernement du foncier en Algérie en retraçant, sur une trentaine d’années, la décollectivisation des terres publiques d’une commune du Bas-Chéliff. Comment l’État a-t-il conduit cette décollectivisation et géré ses conséquences, qui menacent pourtant l’une de ses bases socia...

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Dades bibliogràfiques
Autors principals: Amichi, Hichem, Mayaux, Pierre-Louis, Bouarfa, Sami
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2015
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Descripció
Sumari:Cet article analyse le gouvernement du foncier en Algérie en retraçant, sur une trentaine d’années, la décollectivisation des terres publiques d’une commune du Bas-Chéliff. Comment l’État a-t-il conduit cette décollectivisation et géré ses conséquences, qui menacent pourtant l’une de ses bases sociales ? Cet article soutient que, à l’encontre de la vision d’un État autoritaire et rentier, la décollectivisation n’a pas été brutalement imposée par le biais d’une modification du cadre juridique (privatisation des terres) et d’une indemnisation des perdants. Soumis à des pressions contradictoires, l’État a plutôt opéré de manière lente et hésitante, en encourageant la subversion rampante de ses propres règles juridiques : d’abord en soutenant financièrement des acteurs privés extérieurs aux terres publiques ; puis en autorisant tacitement ces mêmes acteurs à exploiter en location une partie de ces terres. La redéfinition des acteurs politiquement « marginaux » et « centraux » se déroule alors de manière souple et négociée, à l’écart des rigidités de la loi.