Macroéconomie et domination politique en Tunisie : du « miracle économique » benaliste aux enjeux socio-économiques du moment révolutionnaire

RésuméLe discours sur le « miracle économique » de la Tunisie de Ben Ali était élaboré par la technocratie économique et politique tunisienne : les grands agrégats macroéconomiques faisaient l’objet d’une attention exclusive, les autres données étaient travaillées ou occultées, de façon à corroborer...

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1. Verfasser: Hibou, Béatrice
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: 2012
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Zusammenfassung:RésuméLe discours sur le « miracle économique » de la Tunisie de Ben Ali était élaboré par la technocratie économique et politique tunisienne : les grands agrégats macroéconomiques faisaient l’objet d’une attention exclusive, les autres données étaient travaillées ou occultées, de façon à corroborer le récit offert par ces excellents « fondamentaux », sans que la réalité économique et sociale soit réellement questionnée. Cet article déconstruit ce discours afin de mieux comprendre les dynamiques bureaucratiques, politiques et sociales à l’œuvre dans cette « élaboration ». Il suggère ainsi comment sa constitution en fiction structurante des modes de gouvernement relevait de processus beaucoup plus complexes qu’une simple invention aux fins disciplinaires. Acteurs étrangers et nationaux contribuaient – parfois consciemment, parfois à leur insu – à la vulgarisation et à la diffusion de ce discours, de sorte que ce dernier n’était pas seulement imposé du haut, mais largement partagé dans la société tunisienne. En suivant l’hypothèse que le discours est constitutif de l’art de gouverner, on peut comprendre qu’en dépit du mouvement social qui a largement mis à mal la pertinence du « miracle », le discours sur la macroéconomie n’a pas été foncièrement remis en cause par la « révolution » : il continueà structurer le champ du possible politiquement. La macroéconomie apparaît ainsi comme un élément des processus de légitimation du régime, une expression de sa puissance et de sa capacité à créer un ordre.