Tapis rouge pour les plus riches

Encouragés par la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme1, les habitants de terrains ou d’immeubles occupés invoquent souvent, devant les juridictions saisies de demandes d’expulsion, le droit à la protection de leur domicile. Certes, l’argument ne permet pas toujours, loin s’en f...

Descrición completa

Gardado en:
Detalles Bibliográficos
Autor Principal: Ferré, Nathalie
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: 2019
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Encouragés par la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme1, les habitants de terrains ou d’immeubles occupés invoquent souvent, devant les juridictions saisies de demandes d’expulsion, le droit à la protection de leur domicile. Certes, l’argument ne permet pas toujours, loin s’en faut, d’obtenir le rejet de la demande. Mais la Cour de cassation avait au moins admis qu’il ne pouvait être statué qu’à l’issue d’une évaluation comparative, d’une part de l’atteinte portée aux droits du propriétaire du fait de l’occupation de son bien et, d’autre part, de l’atteinte au droit à la protection du domicile des habitants qui résulterait d’une décision d’expulsion. Par un arrêt du 4 juillet 2019, elle revient pourtant sur cet acquis : se rebellant contre la jurisprudence de la Cour de Strasbourg, elle dispense a priori les juges de ce contrôle de proportionnalité. Ce faisant, elle se rallie aux intérêts des seuls propriétaires au détriment de celles et ceux, souvent des personnes étrangères, pour qui une installation précaire est la seule alternative à la rue.