De la voix du peuple à la voix de la vérité. Rumeur et témoignage, entre rhétorique et historiographie

Cet article interroge l’intégration des rumeurs, pratique sociale et politique omniprésente dans la vie quotidienne à Rome, au sein de la doctrine rhétorique, ainsi que leur utilisation dans les discours (réels ou fictifs). Considérées comme une preuve non technique et placées dans une série qui les...

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Dans:Revue de philologie, de littérature et d'histoire anciennes | XCVIII | 2 | 2024-02-13 | p. 169-207 | 0035-1652
Auteur principal: Autin, Louis
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2024
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Cet article interroge l’intégration des rumeurs, pratique sociale et politique omniprésente dans la vie quotidienne à Rome, au sein de la doctrine rhétorique, ainsi que leur utilisation dans les discours (réels ou fictifs). Considérées comme une preuve non technique et placées dans une série qui les rapproche des témoignages (testimonia), auxquels elles sont parfois explicitement comparées, les rumeurs se distinguent par l’incapacité de l’orateur à produire un locuteur responsable des propos collectifs. Res sine teste, voire sine auctore – une caractéristique qui traverse la littérature latine, au-delà du seul domaine oratoire –, la rumeur est généralement dévaluée comme mécanisme probatoire en raison de l’absence d’auteur identifiable, qui empêche l’évaluation du statut de son locuteur. Par un renversement surprenant, cependant, c’est précisément cette dimension collective qui la constitue parfois en canal d’expression de la parole divine et la réhabilite comme source d’information, comme la confrontation d’une liste de prodiges transmise par Tacite et Plutarque pour l’année 69 permet de l’établir.