De l'étymologie pour l'œil à l'étymologie pour l'oreille : l'exemple de la prosthèse vocalique dans les Etymologies d'Isidore de Séville

RésuméSi la plupart des étymologies d’Isidore sont classiques, certaines sont novatrices et ne s’interprètent pleinement que dans leur rapport à la prononciation contemporaine. On peut dire que les premières sont des étymologies à lire mentalement (donc pour l’œil), les secondes à lire à haute voix...

Cur síos iomlán

Sábháilte in:
Sonraí bibleagrafaíochta
Foilsithe in:Revue de philologie, de littérature et d'histoire anciennes | LXXXII | 2 | 2008-04-01 | p. 333-354 | 0035-1652
Príomhchruthaitheoir: Nicolas, Christian
Formáid: Article ou chapitre numérique
Teanga:Français
Foilsithe / Cruthaithe: 2008
Rochtain ar líne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Cur síos
Achoimre:RésuméSi la plupart des étymologies d’Isidore sont classiques, certaines sont novatrices et ne s’interprètent pleinement que dans leur rapport à la prononciation contemporaine. On peut dire que les premières sont des étymologies à lire mentalement (donc pour l’œil), les secondes à lire à haute voix et à écouter (donc pour l’oreille). Parmi les indices phoniques présents dans le texte, on s’intéresse ici aux traces de la prothèse vocalique. Presque toujours la prothèse vocalique est cryptée dans la graphie : quoique non écrite, elle est supposable pour la cohérence du raisonnement étymologique. Isidore nous donne à comprendre que certains mots ayant une initiale en s suivi de consonne peuvent être (au moins en théorie) interprétés comme des préfixés en ex- suivi de consonne. Mais il y a une autre façon de comprendre la relation entre les deux termes mis en rapport étymologique : on peut incorporer à l’étymon le matériel métalinguistique que constitue la préposition ab ou ex, selon une pratique qu’on rencontre plus d’une fois chez l’encyclopédiste sévillan. Ainsi pour le nom de la binette : Scudicia (...) nomen tamen ex codice retinet (20, 14, 7), dont l’étymologie se comprend bien mieux si l’on glose que l’étymon est non pas codex, mais ex codice et que l’on retranscrit * escudicia *es codice. Seule la prononciation restituée permet de donner toute leur connivence phonétique aux deux termes de l’équation lexicologique proposée.