Pline, les Perses, le parfum : analyse d'un fantasme
RésuméOn se propose de répondre à la question suivante : pourquoi Pline l’Ancien attribue-t-il aux Perses l’invention des parfums ? Ceux-ci, d’après lui, sont censés les employer pour masquer la puanteur de leur saleté. Ces affirmations, dépourvues de fondement, correspondent à l’expression des préj...
Enregistré dans:
| Udgivet i: | Revue de philologie, de littérature et d'histoire anciennes | LXXXI | 1 | 2007-05-22 | p. 13-24 | 0035-1652 |
|---|---|
| Hovedforfatter: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
2007
|
| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | RésuméOn se propose de répondre à la question suivante : pourquoi Pline l’Ancien attribue-t-il aux Perses l’invention des parfums ? Ceux-ci, d’après lui, sont censés les employer pour masquer la puanteur de leur saleté. Ces affirmations, dépourvues de fondement, correspondent à l’expression des préjugés romains vis-à-vis du monde oriental réel ou fantasmé. En effet les parfums, aux yeux de Pline, sont en eux-mêmes une évocation de ce monde : leurs ingrédients en proviennent ; la luxuria dont ils sont le vecteur est un trait typique des mœurs orientales qui font écho au mythe du Perse amolli par son indolence. Le Perse, ainsi représenté comme l’envers du Romain, manifeste son incapacité à respecter les normes de conduite d’un citoyen honorable. Or on attend de ce dernier un certain équilibre dans le soin qu’il apporte à son corps. Le Perse en est incapable : étranger au monde idéal de Pline, il ne peut que se négliger ; Oriental, il ne peut vivre que dans la décadence. Les parfums, associés à la saleté, sont le reflet de cette double incapacité. |
|---|