Des publics pas si dépolitisés

Cet article traite de deux espaces de participation mis en place dans un quartier de Berlin dans le cadre de la politique ciblant les quartiers populaires en Allemagne (le « management de quartier » au sein du programme « Ville sociale ») : un atelier cuisine dans une association et un café des pare...

全面介紹

Enregistré dans:
書目詳細資料
主要作者: Chevallier, Thomas
格式: Article ou chapitre numérique
語言:Français
出版: 2019
主題:
在線閱讀:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
實物特徵
總結:Cet article traite de deux espaces de participation mis en place dans un quartier de Berlin dans le cadre de la politique ciblant les quartiers populaires en Allemagne (le « management de quartier » au sein du programme « Ville sociale ») : un atelier cuisine dans une association et un café des parents dans une école primaire. Par le biais d’une approche ethnographique et pragmatiste, il y questionne l’appropriation par les participantes – des femmes issues de l’immigration, mères de condition populaire et pour certaines employées par le biais de dispositifs de contrat aidé comme « mères de quartier » – des prescriptions institutionnelles entourant leur bonne participation. Si la participation effective n’est pas sans décalages par rapport aux objectifs institutionnels, leur observation régulière donne à voir des styles interactionnels empreints de convivialité peu propices à la discussion des inégalités. Toutefois, dans les confins de ces espaces, en s’appuyant sur un entre-soi fondé sur une relative non-mixité et des relations fortes, les participantes développent un discours caché relatif à la domination sur la base d’une commune identité de genre, de mère d’élève à l’école et d’individus issus de l’immigration stigmatisée. Si le phénomène d’évaporation du politique analysé par Nina Eliasoph se vérifie, l’article montre que l’analyse doit aussi laisser place aux possibles processus de re-condensation du politique dans les arrière-scènes participatives.