Du vestiaire à la Une, de la Une au vestiaire

Les médias ont-ils le pouvoir de « créer » seuls et ex nihilo la « réalité » ? Ou se contentent-ils d’en « rendre compte », plus ou moins fidèlement, sans interférer avec elle ? Épisode phare de la Coupe du monde masculine de football en Afrique du Sud, l’« affaire Anelka » a mis en exergue l’antago...

Szczegółowa specyfikacja

Zapisane w:
Opis bibliograficzny
Główni autorzy: Kaciaf, Nicolas, Lagneau, Éric
Format: Article ou chapitre numérique
Język:Français
Wydane: 2013
Hasła przedmiotowe:
Dostęp online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Streszczenie:Les médias ont-ils le pouvoir de « créer » seuls et ex nihilo la « réalité » ? Ou se contentent-ils d’en « rendre compte », plus ou moins fidèlement, sans interférer avec elle ? Épisode phare de la Coupe du monde masculine de football en Afrique du Sud, l’« affaire Anelka » a mis en exergue l’antagonisme entre ces scénarios « hyperconstructivistes » et « naturalistes ». À partir d’une recherche mêlant analyse de contenus médiatiques et entretiens avec plusieurs des acteurs de la controverse, cet article vise à offrir quelques pistes théoriques pour analyser une séquence initiée par la publication, à la Une du quotidien L’Équipe, d’injures énoncées dans les vestiaires de l’équipe de France. Il s’agit ici de montrer à quel point les récits journalistiques font pleinement partie de la « réalité » sociale : ils n’en sont ni des reflets, ni des constructions arbitraires mais bien des « fragments » du réel qui, d’une part, résultent de la diffusion d’informations menée par des sources positionnées dans une configuration donnée, et qui, d’autre part, sont susceptibles de produire des effets sur cette même configuration, en amenant d’autres acteurs à réagir en public (via de nouvelles déclarations aux médias) ou en « interne » (via la recherche du responsable supposé de la fuite). Il s’agit de la sorte de proposer une analyse « continuiste » de la dynamique événementielle, qui interroge conjointement l’amont et l’aval de la mise en visibilité médiatique. Cela suppose, d’abord, de questionner les logiques propres aux acteurs qui investissent l’arène médiatique, en tant que « sources » ou « protagonistes » de l’actualité. Cela implique, ensuite, de montrer que la publicité médiatique engendre une double incidence, en bousculant la définition de la situation et en provoquant une désectorisation relative de la controverse.