Joël Clerget, Corps, image et contact, Érès, 2014.

Les avancées en anatomie au XVIe siècle mènent à l’inauguration du mot psychologie et grâce aux avancées en physiologie au XIXe siècle cette psychologie s’affirme comme discipline scientifique. À chaque fois, elle s’installe comme le domaine d’un reste qui échappe au biologique. Sa méthodologie est...

Cur síos iomlán

Sábháilte in:
Sonraí bibleagrafaíochta
Príomhchruthaitheoir: Dan, Xu
Formáid: Article ou chapitre numérique
Teanga:Français
Foilsithe / Cruthaithe: 2015
Rochtain ar líne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Cur síos
Achoimre:Les avancées en anatomie au XVIe siècle mènent à l’inauguration du mot psychologie et grâce aux avancées en physiologie au XIXe siècle cette psychologie s’affirme comme discipline scientifique. À chaque fois, elle s’installe comme le domaine d’un reste qui échappe au biologique. Sa méthodologie est marquée de cette genèse : à la façon du modèle médical, elle s’applique à découper l’âme en fonctions et symptômes isolables, tant au niveau du traitement, spécialisé comme en médecine, qu’au niveau du diagnostic, du screening et de la prévention, ciblés sur les composantes découpées. Or, ce qui fait le succès de la médecine du corps ne pourrait structurellement que mener à faillite de celle de l’âme : le découpage s’avère le moteur d’une psychopathologisation qui, de surcroit, serait particulièrement problématique lorsqu’elle s’accompagne d’une prescription de psychotropes. De façon contre-intuitive, les avancées bouleversantes actuelles en neuro-imagerie pourraient constituer un troisième temps pour la psychologie : leur totalisation de l’image du cerveau repousse la psychologie dans ces derniers retranchements quant au questionnement sur son identité. Ceci pourrait induire un repositionnement, identifiant spécifiquement l’échelle organisationnelle pour ce qui distingue le psychologique du biologique, c’est-à-dire, le niveau du sujet plutôt que celui de la fonction, ce repositionnement permettant alors de donner au sujet et à son histoire une légitimité propre pour ce qui cause son état.