Structure sociale, changements démographiques et transition démocratique au Paraguay

La société paraguayenne, entendue comme structure sociale, présentait durant les dernières années du régime autoritaire d’Alfredo Stroessner (1954-1989) certains traits qui allaient persister au cours des trois décennies qui suivirent le renversement de sa dictature, au cours d’un processus de démoc...

Descrición completa

Gardado en:
Detalles Bibliográficos
Auteurs principaux: Ortiz, Luis, Labarthe, Sunniva
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: 2020
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:La société paraguayenne, entendue comme structure sociale, présentait durant les dernières années du régime autoritaire d’Alfredo Stroessner (1954-1989) certains traits qui allaient persister au cours des trois décennies qui suivirent le renversement de sa dictature, au cours d’un processus de démocratisation sinueux et difficile. L’un de ces traits, peut-être le plus remarquable, est la fragmentation sociale, en fonction de laquelle les relations entre classes sociales se caractérisent depuis par une tension récurrente autour des ressources et des opportunités. Cette tension prend des formes institutionnelles et territoriales, respectivement, de segmentation et de ségrégation. Ces caractéristiques se sont maintenues structurellement pendant trente ans, changeant cependant de formes et de dimensions, dans une dynamique qui explique en grande partie les limites du régime démocratique dans l’histoire récente du Paraguay, en dépit de cycles oscillants de croissance économique et de stabilité institutionnelle. Cet article se propose de mettre en lumière la convergence de différents processus démographiques et sociaux qui expliquent les changements significatifs de la structure sociale du Paraguay depuis la fin du XXe siècle.Ces évolutions ont principalement été marquées par trois caractéristiques : une transition démographique marquée (et tardive), l’extension de l’accès à l’éducation à toute la population d’âge scolaire et la variation en volume et en proportion des catégories sociales dans la structure sociale. Parmi ces trois changements, les effets de la réforme de l’éducation des années 1990 méritent une attention particulière ; l’un des plus notoires étant la croissance de la classe moyenne urbaine liée au secteur tertiaire, dont l’ascension a atténué le mécontentement face à la persistance des inégalités sociales après trois décennies de démocratisation. De même, l’expansion des catégories sociales intermédiaires a atténué la contradiction entre croissance et concentration des revenus qui s’est traduite par une augmentation de la création de valeur ajoutée aux dépens d’une classe défavorisée, appauvrie et exclue. Afin d’exposer les principaux tenants et aboutissants de ces processus, cette étude se fonde sur des sources secondaires, incluant des données statistiques et des informations bibliographiques.