Memory, Slavery and Muslim Citizenship in the post-Emancipation circum-Saharan World

Le Maroc et la Mauritanie comportent des sociétés post-émancipation où des luttes sont en cours sur les significations attribuées à la liberté et à la citoyenneté après l’esclavage. Comme dans d’autres régions limitrophes du Sahara, l’identité sociale et la situation économique des anciens esclaves...

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Bibliografiske detaljer
Hovedforfatter: Hall, Bruce S.
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: 2020
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:Le Maroc et la Mauritanie comportent des sociétés post-émancipation où des luttes sont en cours sur les significations attribuées à la liberté et à la citoyenneté après l’esclavage. Comme dans d’autres régions limitrophes du Sahara, l’identité sociale et la situation économique des anciens esclaves et de leurs descendants sont sujets à contestation. Des idées raciales formulées dans ces contextes locaux sont courantes pour marquer les personnes ayant un passé d’esclaves et pour renforcer les formes de discrimination qui maintiennent la plupart des descendants d’esclaves dans des positions socialement inférieures. À travers des exemples puisés dans les entretiens mis à sa disposition par la professeure McDougall et son équipe de recherche, Bruce Hall repère les multiples façons dont l’esclavage est invoqué comme élément explicatif principal de la situation socio-économique des ḥarāṭīn au Maroc et en Mauritanie. Il souligne ainsi les différentes stratégies de lutte de ces derniers pour se soustraire aux préjudices d’une idéologie raciale persistante. Dans son analyse, Hall attribue un rôle central à l’islam dans toute discussion de la situation des ḥarāṭīn dans ces sociétés. Il propose ainsi une notion de « citoyenneté » étroitement associée à cette religion et à ses concepts éthiques. De ce fait, il soutient que les ḥarāṭīn en Mauritanie et au Maroc utilisent différentes stratégies de lutte pour se faire reconnaître d’abord une « citoyenneté musulmane », perçue comme condition nécessaire à un achèvement d’égalité et à une véritable intégration socio-économique. Cette recherche montre à l’évidence que, pour les ḥarāṭīn, le moyen d’atteindre de plus hauts niveaux d’égalité ne consiste pas à se tourner vers un discours de droits humains universels, qui aura une résonance limitée dans les sociétés de la Mauritanie et du Maroc, mais à s’engager avec les traditions juridiques et morales organiques de l’islam dans ces lieux.