Colonisation et civilisation : le cas de la Russie et de la Guyane
La civilisation est généralement considérée comme une lente évolution qui mène de la « barbarie » à une société où fleurissent les « sciences et les arts ». Cet article vise à faire le point sur une configuration particulière de l’idée de civilisation, telle qu’elle est attestée en France au cours...
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| 第一著者: | |
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| フォーマット: | Article ou chapitre numérique |
| 言語: | Français |
| 出版事項: |
2015
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| オンライン・アクセス: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| 要約: | La civilisation est généralement considérée comme une lente évolution qui mène de la « barbarie » à une société où fleurissent les « sciences et les arts ». Cet article vise à faire le point sur une configuration particulière de l’idée de civilisation, telle qu’elle est attestée en France au cours des années 1760 et 1770 et telle qu’elle trouve son expression dans les pages de l’ Histoire des deux Indes de l’abbé Raynal, ouvrage auquel collabora Diderot. Dans les différents livres de cette œuvre, sont développés des projets de colonisation qui, à travers des étapes bien définies, peuvent contribuer à créer une société civilisée. La civilisation est conçue comme un projet politique de mise en place des conditions sociales et politiques (« propriété et liberté ») suscitant l’essor d’une société nouvelle. Ainsi, dans les livres V et XIII de l’ouvrage de l’abbé Raynal sont présentés les projets de colonisation lancés par Catherine II dans l’empire de Russie et ceux que le baron de Bessner chercha à réaliser dans la Guyane française. Il n’y a pas de différence, constate-t-on, entre les méthodes de colonisation mises en œuvre dans les régions de l’Europe (Russie et ailleurs) et celles pratiquées dans les colonies américaines. La prise en compte et l’examen de ces expériences semblent aboutir à une nouvelle conception temporelle de l’idée de civilisation, qui exclut de transformer, à brève échéance, une réalité complexe comme celle de la Russie ou de la Guyane. La relation entre colonisation et civilisation serait donc confirmée, non dans sa version forte (la toute-puissance du projet politique) qu’on peut retrouver dans des articles de l’abbé Baudeau publiés dans les Éphémérides du citoyen, mais dans sa version faible, créée par la confrontation politique à la réalité et surtout par une nouvelle conscience historique selon laquelle la civilisation de l’Europe est bien le produit de l’activité humaine et non pas le résultat d’un projet ou d’un clair dessein des hommes. Tout est plutôt le fruit d’une lente évolution où « plusieurs événements heureux et différentes circonstances favorables » ont joué un rôle fondamental.
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