L'expression du surcodage sexué au cours de l'activité « musculation » en ÉPM

L’activité « musculation » en Établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) se prête à l’expression du surcodage sexué (Solini, Neyrand, Basson, 2011), certains détenus s’engageant dans une affirmation caricaturale de l’appartenance de genre. Ainsi les adolescents exposent-ils, aux yeux d’autrui, d...

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Bibliografiske detaljer
Auteurs principaux: Solini, Laurent, Basson, Jean-Charles
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: 2012
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:L’activité « musculation » en Établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) se prête à l’expression du surcodage sexué (Solini, Neyrand, Basson, 2011), certains détenus s’engageant dans une affirmation caricaturale de l’appartenance de genre. Ainsi les adolescents exposent-ils, aux yeux d’autrui, des conduites viriles en accord avec leur sexe biologique, dans le but de susciter la reconnaissance du groupe. Affichant leur volume musculaire, retirant leur tee-shirt et prenant la pose afin de mettre en valeur leurs biceps et leurs pectoraux, ils confrontent leur force physique et font la démonstration de leur courage en se lançant des défis à l’issue desquels l’honneur de la victoire revient à qui parvient à soulever la charge la plus élevée. Du même coup, ces attitudes et comportements virilisés relèguent les filles au rang de groupies aguicheuses. Elles manifestent ainsi une hexis surféminisée, parfois en opposition avec leurs pratiques hors les murs. Cherchant à se conformer à des conduites que la majeure partie des acteurs de la détention estiment devoir être en correspondance avec une représentation stéréotypée de la féminité, les jeunes filles incarcérées affichent une féminité outrée qui témoigne de la domination masculine s’exerçant à l’intérieur des espaces carcéraux.