Empêcher d'exister – une hypothèse cosmopolitique négative

Reprenant Genet, l’auteur rappelle que la violence est partie intégrante de la vie. Cette qualité ontologique ne doit pas être confondue avec la "brutalité", qui, elle, dégrade, et en définitive empêche d’exister. Si nous voulons mesurer la "violence" à l’« époque de la mondiali...

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Detalhes bibliográficos
Autor principal: Neyrat, Frédéric
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: 2007
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:Reprenant Genet, l’auteur rappelle que la violence est partie intégrante de la vie. Cette qualité ontologique ne doit pas être confondue avec la "brutalité", qui, elle, dégrade, et en définitive empêche d’exister. Si nous voulons mesurer la "violence" à l’« époque de la mondialisation », si donc nous voulons déterminer son "échelle", l’auteur considère qu’il nous faudra distinguer entre divers genres de violences, leur nature intensive et leur domaine d’extension. D’une manière ou d’une autre, il sera sans doute important de faire une différence entre violence et brutalité :D’abord pour une question d’assignation de la violence, et par conséquent de justice.Les atteintes portées à la possibilité des formes de vie psychiques, sociales, humaines et non-humaines doivent aujourd’hui être prises en considération pour mesurer ce qu’il en est de l’échelle des "violences".L’intensité de cette destructivité ne laisse et ne laissera personne indemne si les grandes puissances ne prennent pas en considération l’existence fragile des ressources, des territoires et de la biosphère.On pourrait peut-être envisager la « guerre contre le terrorisme » comme la formation hallucinatoire d’un monde que l’on pourrait, encore, diviser en deux – deux groupes, deux classes ou deux civilisations.Et c’est toujours selon cette même logique, cette même hypothèse cosmopolitique négative, que tout individu est tendanciellement assimilable à un terroriste. Parce que le Deux du « choc des civilisations » est introuvable, il lui faudra se constituer sur le dos de tout individu. On peut donc prévoir l’extension de la brutalité.Il faut certes analyser ce montage désastreux, c’est la fonction même de la pensée critique. Et l’assignation de la brutalité, du terrorisme ou de l’écoterrorisme d’Etat est un préalable à toute pensée politique globale.