Décoloniser les esprits en droit international

RésuméIl importe de comprendre la relation entre deux catégories de juristes de droit international : les « progressistes » qui cherchent de bonne foi à « sauver la femme brune de l’homme brun » et ceux qui utilisent ce prétexte salvateur pour justifier des interventions qui n’ont, au fond, que des...

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Autori principali: Bachand, Rémi, Idir, Mouloud
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: 2012
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:RésuméIl importe de comprendre la relation entre deux catégories de juristes de droit international : les « progressistes » qui cherchent de bonne foi à « sauver la femme brune de l’homme brun » et ceux qui utilisent ce prétexte salvateur pour justifier des interventions qui n’ont, au fond, que des motifs colonialistes ou impérialistes. Cet article qualifie les premiers de ces internationalistes de « naïfs de service » et les seconds de « rhétoriciens du colonialisme et de l’impérialisme ». En resituant historiquement l’exemple de la nouvelle doctrine de la Responsabilité de protéger (R2P) et en examinant son utilisation récente en Libye, l’article propose aux « progressistes » d’adopter la posture de l’herméneutique de la suspicion, c’est-à-dire d’être systématiquement suspicieux lorsque des juristes proches de l’Empire leur proposent une alliance pour aller « sauver la femme brune » – autrement dit, de ne pas confondre les justifications d’une intervention et les véritables motifs de celle-ci.