Mobiliser le passé au temps de l’indépendance. Le cas du Sénégal, 1958-1980

En avril 1960, le Sénégal accède à l’indépendance. Les années qui suivent sont l’occasion de cerner comment, au sein d’un État-nation nouvellement indépendant, certains symboles historiques sont mobilisés. Cet article prend pour objet deux « lieux de mémoire » qui sont investis, contestés, promus o...

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Detalles Bibliográficos
Autor principal: Mourre, Martin
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: 2016
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:En avril 1960, le Sénégal accède à l’indépendance. Les années qui suivent sont l’occasion de cerner comment, au sein d’un État-nation nouvellement indépendant, certains symboles historiques sont mobilisés. Cet article prend pour objet deux « lieux de mémoire » qui sont investis, contestés, promus ou niés : la figure de Lat-Dior et le massacre de Thiaroye. Lat-Dior est considéré comme le dernier résistant à la colonisation du Sénégal, il meurt en 1886 à la bataille de Dekkheulé. Le massacre de Thiaroye se déroule, quant à lui, en 1944 au camp militaire de Thiaroye, à proximité de Dakar, et concerne des tirailleurs sénégalais de retour d’Europe qui furent tués par l’armée française, simplement pour avoir demandé les soldes et les primes qui leur revenaient. L’analyse comparée de ces deux mémoires historiques permet de mieux cerner comment, dans un cadre politique constitué par la nation nouvellement souveraine, certains groupes usent de stratégies pour construire un certain rapport à un passé, passé jugé comme collectif. Avec ces deux mémoires portées par deux groupes différents et opposés, et dans une séquence historique limitée, se dessinent des référents qui, probablement, influencent les perceptions identitaires que se font les acteurs sénégalais de « leur » communauté nationale.