L'enfant-héros dans la Grande Guerre : un modèle pour les petits Allemands ?
L’enfant-héros, essentiellement produit de l’imagination des adultes, permet à ces derniers de mettre en scène la volonté de l’enfance, normalement exclue de l’univers guerrier, de prendre part activement au combat. Ce personnage porte ainsi en lui une symbolique agressive et chauvine. Or, dans les...
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| Formaat: | Article ou chapitre numérique |
| Taal: | Français |
| Gepubliceerd in: |
2012
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| Online toegang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Samenvatting: | L’enfant-héros, essentiellement produit de l’imagination des adultes, permet à ces derniers de mettre en scène la volonté de l’enfance, normalement exclue de l’univers guerrier, de prendre part activement au combat. Ce personnage porte ainsi en lui une symbolique agressive et chauvine. Or, dans les supports allemands, la violence de cette figure est en partie gommée. L’enfant-héros se distingue principalement par son dévouement envers ses frères d’armes ainsi que par sa mesure. Enfant-martyr de la « barbarie russe », il contribue à alimenter le mythe allemand de la guerre défensive et la rhétorique d’une exemplarité morale et d’une bonté allemandes. Relativement inoffensif, il se caractérise par une certaine démilitarisation et féminisation. L’ère géographique dont il est le plus souvent originaire contribue également à relativiser ce modèle : cette figure héroïque est en fait davantage austro-hongroise qu’allemande. C’est le critère de l’âge qui s’avère enfin le plus déterminant : lorsqu’il prend les armes, l’enfant héroïque, à moins d’être orphelin, s’efface souvent au profit du jeune engagé volontaire, de quelques années son aîné. L’étanchéité des frontières entre enfance et univers guerrier se trouve ainsi en partie préservée ; les petits Allemands sont en réalité davantage incités à montrer leur ténacité « héroïque » en contribuant à l’effort de guerre sur le front intérieur. |
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