La France et les « prétentions » italiennes en Tunisie au lendemain de la décolonisation

Alors que l’influence française en Méditerranée est remise en cause par le processus de décolonisation, l’Italie fait valoir son désintérêt colonial pour établir des relations privilégiées avec les États nouvellement indépendants d’Afrique du Nord. La Tunisie, objet de revendications coloniales par...

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Autor Principal: Mourlane, Stéphane
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: 2010
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Alors que l’influence française en Méditerranée est remise en cause par le processus de décolonisation, l’Italie fait valoir son désintérêt colonial pour établir des relations privilégiées avec les États nouvellement indépendants d’Afrique du Nord. La Tunisie, objet de revendications coloniales par le passé, jouit d’une considération particulière compte tenu du nombre important d’Italiens y résidant et de sa proximité géographique. Dans le cadre d’une politique méditerranéenne volontariste et plus autonome au sein du jeu des alliances, les autorités italiennes multiplient les démarches en faveur d’un rapprochement avec Bourguiba permettant en particulier le développement des rapports commerciaux. Le règlement de contentieux concernant les zones de pêches dans le détroit de Sicile et la liquidation des biens italiens en Tunisie ouvre vers la signature d’accord commercial en décembre 1961 puis, un an plus tard, celle d’un accord de coopération. L’Italie voit en outre dans la Tunisie, comme dans le reste du Maghreb, un terrain d’exploration pétrolifère susceptible de fournir des ressources énergétiques indispensables au « miracle économique » italien. Le président de l’Ente Nazionale Idrocarburi (ENI), Enrico Mattei, déploie des méthodes éprouvées par ailleurs pour obtenir des permis de forage et d’exploitation. Il n’hésite pas en outre à tirer profit des tensions franco-tunisiennes pour étendre sa zone de recherche et augmenter le nombre de forages. Il renforce ainsi auprès des autorités françaises son statut de « bête noire » façonné par ses relations avec les nationalistes algériens. D’une manière générale, la France se montre particulièrement vigilante face à toutes ces initiatives italiennes considérées comme des tentatives de substitution. L’attitude prudente et réservée de Rome, lors de crise de Bizerte, en 1961, donne toutefois quelques assurances quant à la solidarité italienne scellée par l’Alliance atlantique et le projet d’intégration européenne. En outre, l’inadéquation patente entre les discours en matière de politique méditerranéenne et les moyens mis en œuvre, tout autant que la versatilité du partenaire tunisien, finissent de rassurer sur les capacités de nuisances italiennes à l’encontre des intérêts français.