Chénier, Eschyle, Ronsard, etc. : les classiques en procès
Le récent débat autour du poème de jeunesse de Chénier L’Oaristys, traduit de Théocrite, et de son interprétation comme peinture d’un viol dans une lettre ouverte adressée en 2017 au jury de l’agrégation de Lettres Modernes, apparaît comme un épisode d’un débat plus profond sur notre rapport à la...
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| Autor principal: | |
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| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
2019
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| Assuntos: | |
| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | Le récent débat autour du poème de jeunesse de Chénier L’Oaristys, traduit de Théocrite, et de son interprétation comme peinture d’un viol dans une lettre ouverte adressée en 2017 au jury de l’agrégation de Lettres Modernes, apparaît comme un épisode d’un débat plus profond sur notre rapport à la littérature et à la culture. Au lieu d’apparaître comme un atout pour nos vies et pour nos libertés, la littérature est en effet soumise à un examen moral et idéologique sourcilleux, soupçonnée d’avoir participé sur la longue durée historique à une structure de domination dont elle aurait été la complice, susceptible enfin de « comparaître » comme une accusée face à un tribunal identitaire. En l’occurrence, il s’agit d’un véritable coup de force, car la compréhension du poème de Chénier comme représentation d’un viol, loin d’être une évidence, mérite au moins la discussion, et pose la question de la légitimité d’une lecture « anachronique », orientée idéologiquement et pesamment moralisatrice, des textes du passé, tendance qui menace d’envahir l’espace académique.
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