Benjamin Ferron, Émilie Née et Claire Oger (dir.), Donner la parole aux « sans-voix » ? Construction sociale et mise en discours d’un problème social. Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2022, 334 p.

Les  haters d’hier sont-ils les  haters d’aujourd’hui ? Depuis le pamphlet d’Étiemble paru en 1964, les puristes n’ont jamais manqué de nous alerter contre les prétendus dangers du « franglais », qui semble pourtant avoir essaimé jusqu’au plus haut sommet de notre  startup nation puisque l’Académi...

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Päätekijä: Hugonnier, Claire
Aineistotyyppi: Article ou chapitre numérique
Kieli:Français
Julkaistu: 2024
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spelling cairn-LS_181_0165LSLangage et société https://shs.cairn.info/revue-langage-et-societe-2024-1-page-165?lang=fr https://doi.org/10.3917/ls.181.0165 Benjamin Ferron, Émilie Née et Claire Oger (dir.), Donner la parole aux « sans-voix » ? Construction sociale et mise en discours d’un problème social. Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2022, 334 p. Hugonnier, Claire2024 fre Langage et société | 181 | 1 | 2024-03-18 | p. 165-168 | 0181-4095 LS_18198 Les  haters d’hier sont-ils les  haters d’aujourd’hui ? Depuis le pamphlet d’Étiemble paru en 1964, les puristes n’ont jamais manqué de nous alerter contre les prétendus dangers du « franglais », qui semble pourtant avoir essaimé jusqu’au plus haut sommet de notre  startup nation puisque l’Académie française elle-même rendait en 2020 son « Rapport de la commission d’étude sur la communication institutionnelle en langue française », y déplorant l’usage outrancier des anglicismes. De façon ambiguë, si les discours normativo-prescriptifs sur la langue ont souvent émané, récemment, d’un conservatisme plutôt de droite, c’est aujourd’hui le néolibéralisme issu du même côté de l’échiquier politique qui emprunte excessivement à l’anglais. Témoins de ce « en même temps » politico-linguistique, certaines représentations sur les anglicismes révèlent finalement, plus qu’une dissonance cognitive, un rappel de la dichotomie saussurienne entre langue et parole et, in fine, un potentiel changement de paradigme. Are yesterday’s haters and today’s haters one and the same ? Ever since Étiemble’s little book came out in 1964, purists have kept up a stream of warnings to the French about the dangers allegedly posed by “Franglais.” It nevertheless appears to have infiltrated the highest levels — in 2017, President Macron famously referred to France as “la nation des start-up” (the nation of start-ups), and in 2020, the Académie française published the report of the commission of investigation on institutional communications in French, which deplored the excessive use of Anglicisms. In the recent past, normative, prescriptive discourse on the French language often came from politically right-leaning small-c conservatives, but what we are currently seeing in France — rather confusingly — is that it is right-leaning neoliberals who borrow excessively from English. As evidence of this apparent political and linguistic conflict (a classic Macronian “en même temps”), some criticisms of the use of Anglicisms are less a demonstration of cognitive dissonance and more a reminder of the Saussurean dichotomy between language and speech (“langue” and “parole”), and ultimately, of a possible change of paradigm. ¿Son los haters de ayer los haters de hoy ? Desde el panfleto de Étiemble publicado en 1964, los puristas no han dejado de alertar contra los supuestos peligros del « franglés », que parece haberse extendido, no obstante, hasta la cúspide de nuestra startup nation — para evocar el término empleado por el presidente Macron en 2017 — puesto que la propia Academia Francesa publicó en 2020 su « Informe de la comisión de estudio sobre la comunicación institucional en francés », en el que deploraba el excesivo uso de anglicismos. De manera ambigua, a pesar de que, en este último tiempo, los discursos normativo-prescriptivos sobre la lengua han surgido por lo general de un conservadurismo más bien de derecha, en la actualidad es el neoliberalismo, surgido del mismo lado del tablero político, el que recurre excesivamente al inglés. Como testimonio de esta aparente « simultaneidad » político-lingüística (clásico caso de « en même temps » macroniano), algunas representaciones de los anglicismos reflejan finalmente, más que una disonancia cognitiva, un recordatorio de la dicotomía saussureana entre la lengua y la palabra y, en última instancia, un potencial cambio de paradigma. Cairn free access
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Benjamin Ferron, Émilie Née et Claire Oger (dir.), Donner la parole aux « sans-voix » ? Construction sociale et mise en discours d’un problème social. Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2022, 334 p.
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